vendredi 13 décembre 2013

Vente et relocation des émetteurs de la RTBF ?



Un projet de sale & leaseback [1] (vente d’un bien pour le louer au nouveau propriétaire) est sur le point de se réaliser en catimini concernant les émetteurs du média de service public.

Malgré un avis négatif rendu en 2012 lors d’un audit de Deloitte, une récente publication dans TED [2] (supplément du journal officiel de l’Union européenne) vient confirmer que la direction ertébéenne poursuit dans cette piste de financement éphémère.

On peut y lire l’extrait suivant :
                «Le choix de la procédure accélérée se justifie par le fait que la RTBF doit s'adjoindre, dans les plus brefs délais, les services d'une société de consultance spécialisée dans l'accompagnement à la vente d'actifs, afin d'initier rapidement et de mener à bien la transaction de vente de l'infrastructure Emetteurs et de l'externalisation de l'activité de transmission y afférente. L'objectif de cette réalisation d'actifs est, pour la RTBF, de rencontrer les obligations qui lui ont été fixées par la Fédération Wallonie-Bruxelles dans son nouveau contrat de gestion, en termes de « responsabilisation SEC95 ». L'urgence entourant ces impératifs, essentiels tant pour la RTBF que pour la Fédération Wallonie-Bruxelles (quant à sa capacité et son besoin de financement), rend inadéquats les délais classiques.»
Une recherche de financement d’urgence précipiterait donc l’affaire ; précipitation rarement bonne conseillère en pareille circonstance.

En mars dernier, un article de Trends.be [3] évoquait les difficultés financières de la maison Reyers avec comme piste, notamment, « la vente de terrains, voire même de quelques pylônes émetteurs appartenant à la RTBF » afin de « mettre un peu de beurre dans les épinards amers des comptes de la radio-télévision publique. »

Or, les derniers échos font mention de l’ensemble des installations émettrices, y compris des bâtiments à valeur historique si on en juge un récent reportage de la RTBF relatif à l'un des six émetteurs principaux. [4]
La vision de la vidéo en bas d’article permet de comprendre la valeur patrimoniale du site.
Une quinzaine de personnes travaillent dans les installations d’émetteurs de la RTBF.
Le coût d’usage et d’entretien est actuellement d’environ 6 millions d’euros par an.

On se souvient que la VRT a réalisé une opération similaire entre 2008 et 2009 [5] avec l’opérateur privé Norkring Belgique.
Non sans quelques regrets : l’achat a été amorti par Norkring en moins de deux ans.
La VRT paierait une rente annuelle de l’ordre de 13 millions d’euros prévue dans un bail de 9 ans.

Rappelons que la « responsabilisation SEC95 » pousse la RTBF à rechercher un meilleur équilibre budgétaire pour obtenir un « bonus » de dotation.
Cependant, la source des économies potentielles visant cet objectif ne se limite nullement à la cession d’actifs.
La vente des émetteurs est un choix « facile » à court terme mais alourdira de manière significative le budget de la RTBF pour les années suivantes. La rente annuelle qui devra être payée au nouveau propriétaire des émetteurs constituera une dépense dépassant de loin (plus du double !) le coût annuel du fonctionnement des installations, entrainant un nouveau déséquilibre budgétaire avec une répercussion inévitable sur d’autres secteurs.


Par ailleurs, par cette vente, la RTBF se priverait de rentrées financières régulières apportées par la mise à disposition de certaines installations à d’autres opérateurs médias  [6] (Bel-RTL, Radio Contact) mais aussi aux opérateurs de téléphonie mobile.
On imagine difficilement la RTBF faire une bonne affaire dans ces conditions.

Une vente des installations émettrices serait irréversible pour la RTBF ; il serait impossible de retrouver des sites adéquats disponibles et l’installation d’un nouveau matériel technique aurait un coût exorbitant.

Nous nous retrouvons face à un cas typique de partenariat public-privé (PPP) [7] qui tend à se répandre dans nos contrées. Un mode de financement critiqué [8] car rien ne démontrerait le bénéfice en terme de coût ou d’efficacité de gestion.

La RTBF va-t-elle réellement brader des installations à la fois utiles, rentables et à valeur patrimoniale inestimable ?

Selon un article paru dans l'Avenir [9] le 12 décembre 2013, la RTBF reste évasive sur la question.
 
Références :
[1] Revente et location à long terme de l’objet de la vente : http://fr.wikipedia.org/wiki/Sale_and_Leaseback
[2]Avis de marché publié en mai 2013 dans le supplément du Journal official de l’Union européenne TED : http://ted.europa.eu/udl?uri=TED:NOTICE:144498-2013:TEXT:FR:HTML&src=0
[6]Article de L’Avenir du 6 février 2010 :  http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=408242
[7]Le Partenariat public-privé (PPP) :  http://fr.wikipedia.org/wiki/Partenariat_public-priv%C3%A9

1 commentaire:

  1. Toute personne qui a acheté Vente Privée !!!!! Je comprends qu'ils sont les meilleurs tarifs disponibles Meilleures marques disponibles, mais pas inscrire sur la page UEDO ni trouver un vente privée service client de communiquer

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