lundi 17 décembre 2012

Bouteille à la mer d'un pigiste anonyme de la RTBF



Nous relayons ici 
un message de Christine Bika, 

qui nous a transmis cette lettre, 

témoignage anonyme d'un travailleur, pigiste à la RTBF.


Ce type de témoignage inquiétant, nous l'avons déjà reçu auparavant sans pouvoir le relayer, faute d'accord des personnes concernées.

Vous ne lirez pas ceci dans la presse, et moins encore à la RTBF:

 «  A vous tous, je relaie cette "bouteille à la mer" de quelqu'un qui n'ose plus s'exprimer dans un de nos services publics, la RTBf.

Il y a un peu plus de vingt ans, lors de l'introduction de la publicité à la RTBf, je me suis fendue d'une longue lettre à son C.A, lequel ne m'a jamais répondu. En revanche, ma lettre a fait le tour des rédactions et j'ai reçu, des mois durant, des réponses de personnes qui, à l'époque, étaient des personnes de référence dans les domaines de la radio... . Je pensais qu'on introduisait le ver dans le fruit. Que c'était dangereux... je crains ne pas m'étre trompée. Lorsque je lis le témoignage qui me parvient, via une source sûre, mais anonyme, ci-dessous, je suis encore plus soucieuse.
Si j'étais administratrice de la RTBf, je m'inquièterais vraiment de l'état du personnel.

Alors je vous adresse ce témoignage.
  • Soit vous êtes politique, en charge d'un service -encore un peu- public et vous devez réagir. 
  • Soit vous êtes militant, actif, et vous devez relayer ceci sur les réseaux. 
  • Soit vous êtes journaliste et vous parlez quelquefois de la RTBf.
Cette bouteille à la mer est trop inquiétante pour être ignorée. Vous n'êtes peut-être pas d'accord avec le tout à la concurrence, tout à la publicité ... parlez-en! Faites le buzz!

Je ne connais pas l'auteur de la lettre. Il est significatif qu'un journaliste ( NDLR: ou un technicien ?) sans stabilité d'emploi craigne de s'exprimer. Dans les autres services publics, le "statut" est la norme habituelle. Pourquoi pas à la RTBf? Avons-nous peur d'avoir des journalistes indépendants?

Merci de diffuser, 

Christine BIKA »



Bouteille à la mer d'un pigiste anonyme de la RTBF


« La télévision, d'Etat ou pas, c'est quand Lubitsch, Mozart, René Char, Reiser, ou n'’importe quoi d'autre qu'on puisse soupçonner d'intelligence, sont reportés à la minuit pour que la majorité puisse s'émerveiller dès 20 heures 30, en rotant son fromage du soir, sur le spectacle irréel d'un béat trentenaire figé dans un sourire définitif de figue éclatée, et offrant des automobiles clé en main à des pauvresses arthritiques sans défense et dépourvues de permis de conduire. »  ( Desproges )



Mesdames, Messieurs,


Cette lettre s'adresse à toute personne qui de près ou de loin participe à l'élaboration du nouveau contrat de gestion de la RTBF, en cette fin d'année 2012.

Je travaille au sein de cette grande maison depuis XX années, sans avoir la chance pour autant de bénéficier d'un contrat.

Je pourrais m'adresser à vous pour défendre le choix de programmes davantage éducatifs et culturels que ceux auxquels la RTBF donne la priorité depuis quelques années. Je pourrais déplorer le fait que les programmes privilégiés fassent large place au placement de produits, là où la mission première qu'induit la notion de service public devrait plutôt oeuvrer au développement de l'esprit critique des citoyens.

Il s'agit néanmoins de choix idéologiques. Aussi, je ne tenterai point de vous influencer sur base des hypothétiques conséquences futures de ces choix. Je préfère attirer votre attention sur leurs répercussions bien réelles et déjà palpables au sein du personnel de la RTBF. C'est au sujet de la souffrance générée par ces choix que je vous écris.

Il est loin, le temps où, à la question de savoir combien de personnes travaillent à la RTBF, on pouvait répondre, sous forme d'une demi-boutade, « la moitié ». La grande majorité des personnes qui travaillent au sein de cette institution y sont entrés par amour des métiers de l'audio-visuel, et souvent aussi dans l'idée de participer, en faisant circuler une information de qualité, à la construction d'une société plus juste et plus humaine... « Une certaine idée du métier » que la récente politique de gestion de la RTBF met à mal au détriment du public, bien sûr, mais aussi de la santé mentale de ceux et celles qui, lorsqu'ils ont choisi ce cadre professionnel, n'avaient pas imaginé devenir un jour des marchands de tapis (que les vendeurs de moquette et autres carpettes ne se sentent pas visés par cette expression).

Je ne suis pas médecin du travail, mais mon emploi du temps m'amène à rencontrer très régulièrement quantité de journalistes, réalisateurs, cadreurs, techniciens du son et scriptes que la politique de gestion actuelle de la RTBF rend malades (au sens propre du terme). Au-delà des choix de fonds concernant les thématiques et contenus des émissions, la stratégie globale de gestion des ressources (humaines ou matérielles) génère de nombreuses souffrances. Il y a 2 ans, le discours de nouvel an d'un haut responsable de la RTBF, tenu dans un de ses centres régionaux, annonçait la couleur en ces mots : « La situation est difficile, accrochez-vous, car seuls les plus forts résisteront aux changements. Ceux qui sont trop faibles tomberont en chemin. » Dans ce contexte où l'on devrait pouvoir compter sur davantage de synergies, « diviser pour régner » semble la règle : les émissions de la RTBF et les personnes qui oeuvrent pour celle-ci se considèrent davantage comme des concurrents que comme des alliés. Le personnel s'interroge sur ce qui a poussé ses dirigeants à détricoter avec tant de volonté ce qui faisait jusqu'il y a quelques années le succès de la RTBF: tous ces rendez-vous avec le public, ces émissions qualitatives qui ont soit déjà été supprimées, soit se trouvent continuellement menacées par la dictature de l'audimat. Aujourd'hui, le mot d'ordre est de privilégier « l'infotainment » (c'est Tron qui le dit, beaucoup se demandent où se trouve la tête), entendez une approche légère de l'actualité, davantage axée sur le sensationnalisme, les faits divers, les « peoples », et la consommation.

Mais si ce personnel souffre, pourquoi ne dit-il rien ? Parce qu'il n'ose pas. Il n'est pas rare que ceux qui ne sont pas d'accord avec cette politique soient « mis au placard ». Il est plus facilement admis, au sein de la maison, qu'une présentatrice de JT joue les femmes-sandwiches pour des marques de strass sur des plages exotiques, plutôt qu'un journaliste ose critiquer la politique de gestion interne. C'est d'autant plus vrai qu'un nombre important de journalistes et autres travailleurs de la RTBF sont désormais cantonnés au statut de pigiste longue durée. Quand votre employeur principal veille bien soigneusement à respecter des interruptions de travail entre deux petits contrats, quelle liberté de parole peut-on espérer de votre part ? Que dire aussi du fait qu'aujourd'hui, de nombreuses émissions sous-traitent toujours plus de projets auprès de sociétés de production privées, alors que l'on reproche au personnel de certains centres régionaux de la RTBF d'être trop inactif ? Il se raconte que certaines personnes bien placées à la RTBF possèdent des intérêts dans ces sociétés privées. Mais sans doute ces conflits d'intérêt ne sont-ils que des rumeurs malveillantes soufflées par quelques esprits jaloux. Ce qui me pousse à vous écrire ceci aujourd'hui, ce n'est pas la jalousie : si on le laisse faire, qui ne voudrait pas aujourd'hui mettre sa famille à l'abri de la crise ?

Non, ce qui m'a décidé à vous confier ceci, c'est ma crainte que parmi les personnes travaillant pour la RTBF qui sont en souffrance psychique, certains ne se contentent plus, à l'avenir, de s'abrutir d'anxiolytiques, pour supporter cette ambiance de travail. Je suis solidaire de tous ces gens qui souffrent de ne plus pouvoir exercer avec fierté le métier qu'ils ont choisi. Je vous prie de m'excuser de maintenir l'anonymat autour de ma personne. Si je n'avais pas de famille à charge, j'aurais le courage de parler à visage découvert.

Permettez-moi toutefois de vous faire savoir, en guise de conclusion, que mes propos n'émanent que de moi, et d'aucun groupe, aucune association, aucun parti politique. A ce sujet, je paraphraserai Pierre Desproges pour vous assurer qu' «A part la droite, il n'y a rien au monde que je méprise autant que la gauche.»

J'espère que vous pourrez un tant soit peu tenir compte de ces quelques lignes au moment de vérifier que celles du nouveau contrat de gestion de la RTBF sont bien écrites dans l'intérêt des citoyens de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Avec mes sentiments les plus respectueux,

Un pigiste déjà trop pigeon

Article lié : Combat de riches

Article à suivre sur le site d'Apache : Derrière les projecteurs de la RTBF, la réalité et le malaise du service public (1)

35 commentaires:

  1. Où est le temps où on disait "on fait un métier formidable" ?
    Je viens de quitter tout recemment "le navire" RTBF... C'est vrai qu'autant il y a 30 ans on venait travailler la joie au coeur - même si on était "pigiste" - autant à l'heure actuelle, un climat lourd pèse sur les différents magazines et rédactions. Et ce système de mini contrats empêche toute initiative constructive.
    Je ne comprends pas à quoi joue la direction.

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  2. Merci d'avoir expliqué par des mots simples le ressenti que beaucoup n'arrivent pas à exprimer. Oui le "personnel" souffre, oui le "personnel" est malade. Doit-on encore dire "personnel" ou pion sans cesse manipulé.
    Bien sûr que toutes les sous-traitances,que tous les achats de programmes pénalisent beaucoup d'agents maison, qui se voient ainsi privés de leur droit au travail, et ainsi catalogués comme (trop) peu productif.
    Souffrance psychique, pas seulement. Souffrance physique aussi. Anxiolytiques, anti dépresseurs, burnout (soyons à la mode), hospitalisations, démotivation, dérives, solitude, absentéisme, menace de mise en disponibilité (car il n'y a pas que les "pigistes" qui sont touchés. Rupture de contacts vrais entre collègues, aigreurs, jalousie, désintérêt,... Trente ans d'une vie à donner tout pour le travail que l'on aime, que l'on fait à la perfection et en tous cas avec coeur, avec fierté... pour finir par se retrouver puni, recyclé, rabaissé, harcelé, et priant pour que le temps à attendre avant de pouvoir prendre "sa" pension n'augmente pas avant qu'on y arrive et que l'on puisse, enfin, abandonner ce mal être qui nous tue - et qui en a déjà tué quelques-uns au sens premier du terme - et se tourner sans regret vers d'autres horizons.
    Mais qui, parmi les responsables, s'inquiète vraiment, voire juste un peu, de l'état du personnel.
    Merci Christine qui a permis à ce "pigiste pigeon" de nous ouvrir encore un peu plus les yeux sur notre vie d'aujourd'hui et de demain dans ce qui fut, autrefois, la Maison.

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  3. Il faudrait aussi parler de tous les membres du personnel qui travaillent dans le secteur privé (qui subit une crise sans précédent) sans en avoir le droit car lié à la rtbf par un contrat de travail exclusif, en bradant les tarifs et en trouvant des petits arrangements avec une direction complice. Ces différentes directions qui ont bien des billes dans les sociétés privées qui sont et seront de plus en plus amenées à travailler pour la rtbf.
    Il faut arrêter de croire que la rtbf considères ses employés comme un atout , le monde des bisousnours c'est fini.

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  4. Bravo à ce pigiste,cet article résume bien ce qui se passe à la Rtbf,enfin quelqu'un a les C... de l'écrire!!!Pour moi la solution se trouve dans:
    "Il se raconte que certaines personnes bien placées à la RTBF possèdent des intérêts dans ces sociétés privées",sans oublier la ""filiale""de la RTBF et toutes les boîtes le location de matériels...
    Que les langues se dénouent,que les journalistes,externes à la RTBF,investiguent et que les politiques réagissent. AMEN

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    1. Ben tiens quand on voit que sur une certaine émission d'humour c'est a la société de desmet qu'on a loué les camions régie ! sous prétexte que ceux de la rtbf n'étais pas dispo ! ok je veux bien le croire mais n'y as t'il pas d'autre société ? peut être moin chère ? as t'on demandé des devis ? certainement pas la rtbf préfère payer le prix fort a Monsieur desmet ! et gratter sur les fiches de paye des pigistes pour payer leur connerie de voiture de fonction et i phone dernier cris ! tout ça me dégoute pronfondément !

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    2. La RTBF,méchamment jalouse de RTL ? hélas, surement ! si RTL s'en "sort", c'est justement parce qu'ils ont mené cette "politique":- sous traiter avec des indépendants pour tout ce qui était décor, mettre sous pression et en concurrence les sous traitant,"potichiser" le JT,édulcorer et "violenter" le vrai travail journalistique, etc.Cela en devient ridicule (le JT RTL à 19h, le JT RTBF à 19h30, même discours, même lieux de reportage)... La RTBF, service public ? Et nos amis Francs-maçons, défenseurs de l'humanisme, se seraient ils mis au "service" marketing ? C'est à ne plus rien y comprendre ! Que veut la RTBF ?

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  5. Transformation des services public au privé ---> Exposition des sentiments privés au public.

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  6. Pour ceux qui ne connaitrait pas, je vous propose de regarder le documentaire : " Les Nouveaux chiens de garde " Qui traite exactement du même problème chez nos amis français " http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=XGmqfLoag_o

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  7. On le sait, je ne fais pas partie de la RTBF... mais ce que je "découvre" dans cette lettre ne m'étonne pas du tout ! Quand je fais l'analyse de la manière dont on "gère" les services publics, depuis ces 15 à 20 dernières années, je retrouve les mêmes caractéristiques qui ne trompent pas : créations de sous-structures, annonciatrices de démantèlement progressif et de privatisation méthodique, froide, calculée où les postes "à responsabilités" se multiplient tandis que les emplois réellement "professionnels" fondent comme neige au soleil, sont réduits à de la figuration ou s'externalisent, les postes les plus juteux tournant toujours autour d'un même petit cercle étroit "d'initiés".
    Que peut-on espérer pour démanteler cette "pieuvre" ? Que les masques tombent, que les langues se délient, que les peurs s'évanouissent, grâce à cette lettre.
    On peut espérer aussi que cesseront les railleries narquoises des gens de pouvoir, reléguant sans cesse les critiqueurs au rôle de râleurs professionnels et dirigeant leurs doléances vers le chemin le plus direct vers le classement vertical.
    Si le règne de l'auto-satisfaction et de l'auto-congratulation de ces gestionnaires pouvait prendre fin, ce serait déjà énorme, depuis le temps qu'ils empruntent ce chemin, sans jamais se retourner, pénétrés qu'ils sont du sentiment de leur toute puissance.
    Face à tant de morgue et à tant d'années d'égarement, nombreux sont ceux qui seraient soulagés, ravis, solidaires, enthousiastes, le jour où, par un juste retour des choses, la petite poignée de gens qui mène la RTBF à la perte de son âme sera enfin mise hors d'état de nuire au service public au point menacer jusqu'à son existence.
    On se prend à rêver que ce jour arrive, et vite !

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  8. Bravo, merci, et justement, à quand l'émergence d'un groupe solide et solidaire pour éviter l'anonymat et agir ?

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  9. Caméraman/cadreur et réalisateur de profession, je suis aussi passé par la case RTBF durant 2 ans. A l'époque je travaillais sur l'une, des rares encore, émission un peu culturelle et didactique de la RTBF... Malheureusement malgré nos efforts pour tenter de proposer une émission de qualité, au fil du temps nous avons pu constater que cela ne s'inscrivait plus dans la ligne de conduite de la Maison. L'émission n'était pas assez débilitante pour le public, elle était proposée à une plage horaire où monsieur et madame tout le monde préfèrent maintenant se liquéfier le cerveau à coups de pseudo-téléréalité (au contenu douteux) et autres séries toutes aussi semblables les unes qu'au autre. Au final, l'émission fut supprimée, des gens mis au placard ou prié de prendre la porte (car la stabilité d'emploi est devenue une utopie depuis longtemps dans notre métier) et des gens qualifiés avec encore un peu d'éthique professionnelle ont été priés de se plier à faire de la merde sous peine de finir aux oubliettes de la profession car là aussi à défaut de reconnaissance et d'un réel statut, il n'est pas bien dur de remplacer un pigiste par un autre plus "malléable". Les personnes qualifiées finissent bien souvent dans des sociétés indépendantes, sociétés qui offrent encore parfois cette chance de pouvoir faire son boulot correctement, si l'on y regagne en estime de son métier, malheureusement on y perd aussi en droit d'antenne et diffusion. Faute de moyens, en l'absence de reconnaissance par le public qui ignore ces productions dont on ne parle pas si elle prêche un créneau plus intelligent et moins con, le journalisme de qualité reste dans les basses-fosses. Le spectateur doit rester un produit que l'on contrôle, à qui l'on indique quoi penser, comment penser, quoi consommer ou acheter. Un spectateur instruit, curieux, qui pense par lui même et un journalisme qui pousse les spectateurs à agir ainsi sont jugés dangereux et inconcevable par nos dirigeants et grands patrons. Bienvenu dans la réalité...

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  10. Et ça ne va pas s'arrêter là, lisez plutôt :
    http://www.audiovisuel.cfwb.be/index.php?id=avm_detail&no_cache=1&tx_ttnews[tt_news]=1592&cHash=4806e29911

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  11. Waouw enfin une personne ose l'ouvrir ! pour ma part 5 ans de bon et loyaux service comme pigiste... je ne suis pas a plaindre j'en connais qui cours depuis plus de 10 ans après un contrat... dans 5 ans je perd tout simplement mon droit aux allocations de chomage a cause des nouvelles mesure du gouvernement, alors que faire? attendre un contrat qui ne viendra jamais? ou quitter cette "grande" maison ? et bien j'ai choisit ! je m'en vais... mais trouver du boulot dans le milieu n'est pas choses aisée, j'ai eu l'espoir en entrant a la rtbf d'être engagé un jour, mais l'espoir s'en est allé... et je ne parle pas des mesures que la rtbf a décidé de prendre envers les pigistes concernant les notes de frais, si votre fiche de paye diminue cher pigiste c'est normal, certain avantage octroyé auparavant nous sont tout bonnement et simplement retiré, sans avis, sans prévenir.... bonne merde a vous tous, moi je suis parti....

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  12. 7 ans de piges... heureusement que j'avais prévu le coup et accroché une autre corde à mon arc.

    On m'a pris, jeté, repris, rejeté... payé pendant des années moins cher qu'une femme de ménage pour faire un boulot que seuls une dizaine de gens en Belgique francophone font. Puis dernièrement, j'ai dit "fini", on me paie mieux ou j'arrête. On m'a payé mieux puis le téléphone n'a plus sonné... Tant pis. Heureusement, je n'ai pas besoin de ça pour vivre... c'était du boulot pour rire ou plutôt pour assouvir ma passion du ON AIR. Mais, j'ai conscience que ma situation est rare et au combien précieuse.

    Là où je ne suis pas d'accord avec vous, c'est au sujet de ces fameuses boîtes dont vous parlez. Certaines sont clairement des pistonnages mais d'autres font réellement vivre des gens. Et quelques-unes sont les derniers endroits à offrir du boulot à des gens comme moi. On y est pigiste avec des salaires de pigistes et finalement, tant que les choses sont claires...

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    1. Tout à fait d'accord avec toi pour ce qui est des boîtes privés, certaines travaillent avec passion et font vivre des gens tout autant passionnés par leur boulot.

      Et le problème actuel de la RTBf se situent peut-être justement là. A la force de cette politique fermée à l'engagement, au salaire et conditions minimalistes des pigistes, il font fuir les passionnés de l'audio-visuel. Et quand bien même une porte s'ouvre les décideurs préfèrent choisir un beau diplômé sans expérience dans le domaine plutôt qu'une personne passionnée, expérimentée avec des idées et une envie de faire évoluer les choses, mais avec un diplôme qui impressionne moins...

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    2. Sauf erreur de compréhension, la lettre n'attaque pas les boites privées mais dénonce le fait que des personnes de la RTBF y aient des intérêts. ça, on peut dire ce qu'on veut, c'est ce qu'on appelle un conflit d'intérêt, et c'est normalement interdit et punissable. Comment est-il possible que cela ait lieu? Que fait le C.A? Les politiques? Ils participent à ce système? Y aurait-il un agenda caché visant à vider la RTBF de toute sa substance pour mieux pouvoir justifier ensuite de supprimer ce service public???

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  13. Moi aussi, j'ai quitté le bateau il y a un an, et je ne le regrette pas. Lassé de ne plus être dirigé par des directeurs, mais par des managers qui ne connaissent le mot empathie que lorsqu'il s'agit de faire des points au Scrabble. Le management du Service Public..., quel triste paradoxe. Proposez 1000€ par mois en plus à l'un de ces nouveaux décideurs pour qu'il aille vendre des savonnettes et il quittera le navire illico. C'est la seule manière de redonner vie au Service Public, que des chasseurs de têtes le débarasse des ces mercenaires qui considèrent qu'acheter le nouveau modèle Audi et un IPad sont des actes culturels. Une chose est évicente, comme fossoyeur ils feraient un malheur...

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  14. Cela va bientôt faire un an que je boycotte entièrement la télévision devenue une poubelle.
    Ce n'est malheureusement pas la seule chaîne télé qui s'est détournée de sa fonction principale de service public.

    La seule émission qui retenait encore un peu mon attention était présentée par un jeune journaliste à lunettes plutôt mince.

    Les média sont devenus un simple outil de manipulation de masse visant à maintenir le troupeau dans l'enclos.

    Je regrette le temps de ma jeunesse où des émissions présentées d'une manière encore objective existaient encore.

    C'est ce qui arrive lorsque des lobbys se mêlant à la politique mettent la mains de manière abusive sur des chaines de télévision.

    Je salue tout de même le courage de ceux qui parmi les employés ont tenus le coup aussi longtemps, espérant un changement.

    J'espère que certains bons éléments sauront se réunir et rejoindre l'une ou l'autre réseau de presse alternative.

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  15. La RTBF est sclérosée, la qualité. Notamment journalistique, n'est plus digne d'un certain passé. Bcp de jeunes aux dents longues ( mais aux connaissances souvent imprécises, superficielles) sont prêts à. Cp/tout afin d'obtenir un contrat dans cette usine à gaz. Et la masse des candidats fait que ce système se perpétue. Com ien de gens dans des placards ? Malheureusement combien de journalistes peu compétents mais nommés, reliquats d'une époque révolue, à qui l'on demande le minimum possible ? La faute à qui ? Sans doute surtout à la structure sclérosée de ce SERVICE public dirigé par des personnes souvent désignées par voie politique plus que méritocratique. Mme la Ministre fera-t-elle le nécessaire pour redynamiser ce bateau ? Au risque de bousculer certains choix/obligations de son propre parti ? De donner un véritable équipage

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  16. Et ben... Voilà au moins une bonne nouvelle, la loi du silence s'efface. Il était temps que l'on puisse lire des journalistes et des techniciens de la TV prêts à parler.
    Si vous voulez agir, il y a mille choses à faire. Comme commencer une nouvelle TV, des radios indépendantes, de la presse libre...
    Les financements ne se posent plus comme problèmes à l'époque du crowd funding. Plus d'une personne payerait si vous étiez prêts à réellement changer la donne.

    Voyez comment occupy wall street a créer son maillage radio/web TV, checkez www.kickstarter.com ou www.akastarter.be

    Et allez zou, qu'on tire cette triste chasse sur cette institution qui n'en fini plus de mourir, et que l'info soit libre.
    La Belgique ne mérite pas mieux.
    V

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  17. Ca fait 15 ans que ça dure. Il ne s'agit plus de naïveté mais de collaboration avec une dictature. De la propagande au lieu d'information. Et c'est fort grave, je mâche mes mots, pour des journalistes. Serait p'têt temps de penser à faire autre chose que soit abandonner soit la fermer.

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  18. Ca fait deux ans et demi que j'essaie de changer cette donne.Mais bon... http://www.comingout-info.be/2012/02/27/scribouillardises-2-loeil-effrayant-de-big-brother/

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  19. Le simple auditeur-téléspectateur que je suis n'est hélas même pas étonné par ce contenu. Rien qu'à entendre les choix de programmation musicale, ça suffit pour se rendre compte de la profondeur du mal : majoritairement un défilé de stupidités ahurissantes ! Chansons à textes débiles à destination d'un troupeau de plus en plus sourd et aveugle ! Et quand on interpelle ce cher monsieur Goffin sur le sujet, bonjour la mauvaise foi en réponse !
    Oui, c'est terrible, mais je perçois depuis quelques années la RTBF de manière bien pire encore qu'un média commercial pur et dur. Pire parce que bien plus sournois !
    En tant que "consommateur-payeur", la RTBF m'écoeure, c'est bien simple.
    Quand on voit effectivement la liste des gens, comme par exemple Philippe Jacquemain, qui essayaient de faire du bon boulot, certes dans des conditions difficiles et qui effectivement ont été mis sur une voie de garage, ça dit tout.

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  20. En ce qui me concerne, conscient depuis longtemps de l'impact de ce média, au moins au niveau de la technologie (qui s'est cependant améliorée depuis lors), cela fait bien longtemps (une génération!) que je ne regarde plus la TV, ou du moins, en de rares occasions, chez des amis. Par contre, je suis toujours fidèle à l'écoute de la radio où les risques de manipulation mentale sont plus limités.

    Mais cela devient de plus en plus difficile de le faire pour ce qui reste d'émissions intéressantes sur la RTBF (La Première), surtout quand la pub interrompt la diffusion toutes les 10 minutes, comme lors du "forum de midi". Et si certaines pubs "peuvent s'écouter" (il reste au moins quelques annonceurs "intelligents"), d'autres me semblent tellement d&biles et/ou agressives qu'elles me donnent l'envie de me transformer en homme préhistorique défonçant le poste avec sa massue!

    Ce qui serait dommage pour l'écoute de radios "professionnelles" où la pub est encore absente, ou du moins très limitée, comme France Inter ou RCF. A propos, sur France Inter, pour le sujet qui nous concerne, je vous conseille l'émission "La-bas si j'y suis, du lundi au vendredi entre 15 et 16h; téléchargeable sur les sites franceinter.fr ou la-bas.org.

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  21. Je ne peux que confirmer ce que je viens de lire, je ne regarde presque plus jamais la rtbf... le volume de spots publicitaires est insupportable, le ton est devenu racoleur : " Restez avec nous!", non merci... les programmes la plupart du temps totalement inintéressants peuplés de séries débiles et/ou éculées et les personnes que je connais qui y travaillent, pour certains depuis très longtemps, expriment tous du dégoût et de la lassitude... j'excepte comme André la radio, la première même si je souscris à ses réserves concernant les spots, le plus souvent d'une bêtise consternante.

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    1. Ces mots, "On n'est pas restés", prononcés une fin d'après-midi par un journaliste de La première à la place de "On n'est pas rentrés, restez avec nous" pour annoncer "un des meilleurs extraits" de l'émission juste avant une drache de pubs... Gravés ds ma mémoire.

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  22. Les seules bonnes émissions de la RTBF sont celles made in RTBF comme le furent "Forts en têtes", "La télé infernale", "Blabla"... ou comme le sont "50 degrés nord", "Livrés à domicle", "Sans chichis"... Mais ce qui rapporte au niveau de l'audience, c'est panem et circensem ! Les matches de foot, Studio foot, The Voice ou les émissions polémiques (le plus polémiques possibles c'est meixu) comme "Questions à la Une".

    Avant, je regardais la télé 5 jours sur 7 et 4 jours, je choississais la RTBF. Aujourd'hui, je regarde la télé quelques heures pour voir LAD ou 50 degrés nord. Le reste, excusez-moi, mais c'est de la daube !
    Je fais partie de la minorité qui aime les émissions culturelles, intelligentes, édifiantes et de qualité ! Je ne suis donc pas gâtée ! Je paie ma taxe comme tout le monde, je supporte vos pubs débiles et je ne vois rien d'intéressant en contre partie.

    Laissez les publicitaires décider pour vous et vous pourrez lobotomiser les spectateurs qui vous restent fidèles en raison des quelques rares bons programmes que vous proposez encore. Les autres sont passés à la concurrence depuis longtemps, question de niveau.

    Pauvre télé publique, vendue au plus offrant et dérigée par des incapables !

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    1. A noter que "50 degrés nord" est produit dans le privée, donc ce n'est pas une émission made in RTBF.

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  23. Ben si vous êtes nombreux à en avoir sur la patate comme ça, foutez vous en grève, piratez le signal en expliquant bien vos raisons, et vous verrez que vous serez suivis. Si Philipot ou un autre crétin envoie la troupe, sa carrière explosera en plein vol. Faites du détournement, choppez des croustillantes preuves et diffusez les, sabotez les émissions de merde à coup de "oups, ya un coca qui est tombé sur la console", mettez le matos à disposition des mouvements qui ont besoin d'être vu, occupez le JT ou petez des lampes au fur et à mesure de son avancement, niquez la mire en la chargeant de messages, balancez des bandeaux d'appel au retournement de situation, crevez les pneus des "envoyés spéciaux" qui vont sucer du ministre à la rue de la loi avec une p***in de camionnette satellite, ratez la coiffure de fontana, squattez l'appart de sans chichi, FAITEs L'EQUIVALENT DU FAUX SOIR...

    Yen a des moyens d'actions. Mais si vous le faites, faites le en lien avec d'autres.
    Votre problème c'est la précarité voulue pour vous faire taire. Fais ou tais toi, c'est l'alternative. Unissez vous aux collectifs de chomeurs et précaires qui essaiment un peu partout, appelez à l'aide, et vous verrez le nombre de personnes qui en ont marre de se faire mettre la tete sous terre par une TV de cons, pour cons, et qui sont prêts à penser que ce n'est pas ça, un média responsable, pédagogue et citoyen.

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  24. "50 degrés nord", une bonne émission ? Au-secours !!! Un parterre de pseudos-défenseurs de la culture, ça se la pète et parle sans en avoir les compétences (combien d'entre-eux ont une formation musicale et l'oreille ouverte ?). Je n'ai rien contre le fait d'inviter un Mario Barravechia pour un album de reprises de chansons italiennes (même si ce n'est pas très original, faut pas que de la culture élitiste), mais quand à côté de ça on snobe systématiquement des artistes exceptionnels (que voulez-vous, tout le monde n'a pas le bon réseau de copinage), faut arrêter !
    Quand on présente Été 67 comme "le futur de la chanson francophone" avec des textes débiles du style "Tu m'as ouvert les yeux puis tu as fermé mon coeur", est-on crédible ?!!! Voilà le genre de "génies" (Bénébar, Dominique A et autres auteurs de "haut vol") que soutient la RTBF... Pauvre culture wallonne, Brel se retourne dans sa tombe, Daniel Hélin doit penser au suicide et Christian Décamps continue de crever dans ses égoûts médiatiques simplement parce "qu'il ne donne pas une image branchée" (le promotionner écornerait certains petits égos, que voulez-vous)... Non, quand je pense aux émissions "culturelles" de la RTBF, il me prend des envies de terrorisme, ce média qui devrait être le premier rempart éducatif face aux dictatures des Majors semble au contraire au service de ceux-ci.

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  25. Le monde des artistes aussi est en ébullition ! Nombreux sont ceux qui s'insurgent contre le nouveau contrat de gestion qui doit être demain, vendredi 21 décembre... A la désespérée, ceux -ci demandent d'envoyer des tweet à nos ministres, pour qu'ils ne signent pas.
    « Il faut réagir et DIRE NON, et le FACIR (www.facir.be) vous propose une action musclée !
    ENVOYEZ UN DES 3 TWEET AUX MINISTRES (adresses ci-dessous ! ):

    Contrat RTBF: absence des artistes belges en radio/TV: culture uniformisée: artistes en ébullition: Big Problem
    Ne signez pas

    Monsieur le Ministre,
    Ne signez pas le contrat RTBF. Le monde de la musique dont je fais partie est en ébullition.

    Monsieur/Madame la Ministre,
    Le Contrat RTBF: le pied de nez des Politiques aux artistes belges, et l’abandon de l’Etat Nation.

    https://twitter.com/demotterudy
    https://twitter.com/fadilalaanan
    https://twitter.com/jmnollet
    https://twitter.com/EHuytebroeck
    https://twitter.com/Andre_Antoine
    https://twitter.com/PRES_Marcourt

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  26. Nouvel article témoignage de pigiste, ça se passe en France :

    " Le Nouvel Obs m’a tuer (mais je respire encore)"
    par Gaelle-Marie Zimmermann | 18 décembre 2012

    http://www.acontrario.net/2012/12/18/le-nouvel-obs-ma-tuer-mais-je-respire-encore/

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  27. A la RTBF, en télévision, il est un point dont on ne parle guère : l'externalisation de la compétence de direction qui arrange bien Jean-Paul Philippot et le C.A. Personne au sein de la RTBF ne pouvant être supérieur à un Français, le problème est évacué. La télé est entre les meilleures mains. Elle a d'abord été confiée à Yves Bigot qui s'est fait attendre durant de longs mois durant lesquels tout était gelé. Il était espéré comme « le Messie ». Arrivé à Bruxelles, il n'a pas été le sauveur espéré. Nous avons eu Drucker sur la Grand-Place, le méga-show à l'Atomium, des achats de programmes français...
    L'homme qui jurait ses grands dieux qu'il aimait profondément la RTBF n'a pas tardé à succomber aux sirènes d'Endemol, la RTBF le gardant comme consultant pour qu'il puisse respecter la clause de durée de son contrat. Un consultant qu'on n'a plus jamais revu...
    Il fallait un nouveau directeur des antennes. Heureusement, Yves Bigot avait un copain qui était en roue libre et voilà François Tron. Il se fout allègrement de la plupart des émissions télé de la RTBF qu'il ne regarde même pas. Une belle part des équipes des anciennes émissions de la grille ne l'ont jamais rencontré. Il se focalise sur les nouveaux programmes, essentiellement dans le domaine du divertissement, avec une série de beaux ratés et « The Voice », immense succès auto-proclamé.
    Bref, quand vous êtes en charge d'une émission télé de la RTBF qui n'est pas considérée comme prioritaire, vous êtes complètement seul. Vous ne dialoguez avec personne. François Tron vous considère comme du papier peint vieilli qu'on ne voit plus. N'importunez surtout pas, l'homme a un comportement florentin qui peut faire très mal.
    En parallèle, vous subissez les effets de la gestion de l'armée pléthorique des dirigeants mise en place par Jean-Paul Philippot. Ils donnent l'impression de fonctionner comme s'ils étaient chez Belgacom, Axa ou Procter & Gamble, au point que de nouvelles dispositions vous semblent complètement déconnectées du quotidien de la petite minorité de personnes qui produisent toujours des programmes. Beaucoup de ces directeurs qui vivent en vase clos pratiquent le mépris, qu'on doit sans doute enseigner dans les hautes écoles de gestion. On dirait qu'ils gèrent plus leur prochain rebondissement vers une autre société que leur domaine actuel puisqu'ils ne répondent pas à vos mails. Et ici aussi, vous vous sentez bien seul.

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  28. Affaire à suivre sur le site d'Apache :
    http://www.apache.be/fr/2013/01/30/derriere-les-projecteurs-de-la-rtbf-la-realite-et-le-malaise-du-service-public-1/

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  29. En 1991, il y a donc un peu plus de vingt ans, j'ai fais un stage à la RTBF en tant qu'étudiant. Et déjà à l'époque je trouvais que c'était à vomir ce que j'y ai découvert : un manque d'humanité et une bêtise crasse … Chez les "petits" décideurs (chef décorateur, producteur, etc), mais je précise : pas chez le petit personnel ouvrier qui lui était très sympathique. Quand on fait un stage c'est aussi pour découvrir que le "métier" ne nous convient pas : là je dois dire que ça a fonctionné … Jamais je n'ai eu envie de travailler à la RTBF depuis lors.

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