lundi 4 juillet 2011

Courrier à la médiation de la RTBF : suites...

From: mediationrtbf@rtbf.be
To: isabelle_marchal@hotmail.com
CC:
Subject: RE : Jeu des dictionnaires et Service public [#44634]
Date: Fri, 1 Jul 2011 11:13:14 +0200


Cet article fait suite au courrier envoyé à la médiation de la RTBF et publié sur ce blog :
http://rtbf89.blogspot.com/2011/06/courrier-au-service-de-mediation-de-la.html

Madame,

Votre long courriel adressé au service de médiation de la RTBF n’est bien parvenu et j’en ai pris connaissance avec attention.

Les questions qu’il évoque font partie, quasiment dans leur intégralité, d’une réflexion qui traverse la RTBF, quels que soient ses pans d’activité.

En effet, comment les organes de gestion (comité de direction et conseil d’administration) pourraient-ils décider en connaissance de cause des allocations budgétaires, des mises en production et des politiques d’achat déterminant les grilles de programmes sans une conscience aigue des missions de service public dévolues à la RTBF ?

Comment les directions de chaîne et les responsables de programmation radio et TV pourraient-ils mettre ces décisions en application sans une volonté tout aussi aigue de concilier le respect des obligations de service publics contenues dans les textes légaux et les légitimes exigences de leurs publics ?

Et il va sans dire que ces équations doivent tenir compte d’une situation budgétaire complexe dans la mesure où les marges de manœuvre sont étroites, voire inexistantes. Pour le dire autrement, l’ensemble des missions de la RTBF ne peut être rencontré aujourd’hui que dans un cadre budgétaire qui englobe subvention et recettes commerciales. On peut le regretter, on peut même le déplorer mais les faits sont ce qu’ils sont et je vous invite à consulter les bilan et comptes édités dans la partie « Entreprise » de notre site Internet pour vous en assurer.

L’étude indépendante sur le financement de la RTBF commandée par le gouvernement de la Communauté française au cabinet Deloitte ne fait que confirmer cette situation.
Vous regrettez la décision de la Direction générale de la radio et du Directeur de La Première de mettre un coup d’arrêt aux émissions « Le jeu des dictionnaires » et « La semaine infernale », c’est votre droit tout à fait légitime d’auditrice et vos regrets sont partagés par d’autres, y compris au sein de la RTBF. [NB : ce n'est pas ce que j'ai écrit : j'ai parlé des circonstances dans lesquelles ça s'était passé, précisément pour ne pas tomber dans le débat émotionnel et réducteur du "j'aime, donc il faut garder le JDD/je n'aime pas, donc il faut le supprimer"]


L’expérience a marqué tous ceux qui ont eu la chance de l’écouter comme ceux qui y ont participé activement. L’héritage laissé n’en est que plus exceptionnel et place haut, la barre de l’ambition que nous devons avoir dans le domaine de l’humour et de l’impertinence. Il incite en tout cas la RTBF à envisager de nouveaux projets bien dans le ton nouveau de La Première, avec les talents qu’elle recèle et prolongeant l’histoire si bien écrite dans le jeu des dictionnaires et la semaine infernale.

Pour leur part, Olivier Monssens et Frédéric Dubus nous rejoignent pour raconter la leur… Puis-je simplement vous demander de juger, en toute objectivité, du résultat concret du travail de cette nouvelle équipe lorsqu’elle sera à l’antenne ?

[NB : Je n'ai pas parlé d'eux : j'ai simplement dit craindre une augmentation des interruptions publicitaires de la future émission.]

Je voudrais vous indiquer le profond respect que nous avons, à la médiation comme dans les autres services de la RTBF, de la parole des auditeurs et téléspectateurs : lorsque vous évoquez la perte de confiance que vous ressentez à l’égard de la RTBF, nous ne pouvons qu’être interpellés et nous remettre en question.

La RTBF doit conserver une place significative dans le paysage audiovisuel de notre pays, légitimée notamment par le public qui suit ses programmes. C’est la raison pour laquelle elle propose, dans la mesure de ses moyens, des développements technologiques et conserve en point de mire le principe évident d’évolution qui doit être en trame de son travail éditorial.

Enfin, je voudrais conclure en rappelant combien les membres du personnel de la RTBF, et particulièrement l’équipe du Jeu des dictionnaires et de la Semaine infernale, ont été choqués d’apprendre l’arrêt des émissions par voie de presse écrite.

La communication directe vers le personnel était la priorité de la direction mais un scoop a bousculé le tout… La direction de la radio s’en est expliquée avec l’équipe concernée d’abord, auprès du reste du personnel et publiquement sur antenne ensuite.


Veuillez croire en mes sentiments distingués,

Service de Médiation de la RTBF

-------------------------------------------------------

Ma réaction, envoyée ce 04/07/11 à 23 heures.

Chère Madame,

Je vous remercie d'avoir pris le temps de répondre à ma longue lettre en me donnant des pistes de réflexion que je ne manquerai pas de creuser, dans le sens déjà développé, sur le service public, ses missions, le rôle du citoyen, ses droits.

Mais ce sera pour la fin du mois d'août.
D'ici là, tant d'eau peut couler sous les ponts, tandis que chacun savoure ses vacances...

Je pourrai alors mettre un passage de votre lettre, que je relève aujourd'hui, en perspective avec la réalité tangible et concrète de la nouvelle grille des programmes :

Je voudrais vous indiquer le profond respect que nous avons, à la médiation comme dans les autres services de la RTBF, de la parole des auditeurs et téléspectateurs : lorsque vous évoquez la perte de confiance que vous ressentez à l’égard de la RTBF, nous ne pouvons qu’être interpellés et nous remettre en question.

Je n'ai aucun doute qu'à la médiation comme dans d'autres services de la RTBF, ce profond respect existe bel et bien. Sachez que je mesure combien il doit être pénible, lorsque cette perte de confiance arrive jusqu'à vous, d'avoir à gérer des courriers qui l'expriment, chacun à leur manière (longuement, comme le mien!), souvent lorsque la coupe est pleine, vous éclaboussant au passage. 

Mais, comme Saint Thomas (à ce qu'il paraît), j'attends de voir pour croire que la remise en question dont vous me parlez, si elle a circulé dans la maison, a effectivement gravi les échelons de la hiérarchie jusqu'à interpeler les preneurs de décisions.

Car c'est essentiellement à eux que j'ai pensé et que je pense généralement, lorsque je m'adresse à la médiation. C'est donc surtout de leur côté que la citoyenne que je suis attend le nécessaire, sinon l'indispensable recentrage de la RTBF sur les missions spécifiques au service public... plutôt que d'être confrontée au spectacle désolant d'une lutte éperdue avec la concurrence privée sur des terrains où celle-ci est, de toutes façons, plus aguerrie, qu'il s'agisse de radio ou de télévision. 

Ce que j'ai lu, par exemple, de la récente conférence de presse de François Tron, monté en renfort "pour couper court "aux bruits qui circulent" sur l'émission The Voice me laisse à penser que le directeur de la Télevision ne se sent nullement interpelé  ni enclin à la moindre remise en question.

"Une opportunité incroyable" qui va "faire taire les critiques non fondées" des "détracteurs" (...)
"Contrairement à ce que j'ai lu ou vu, sur cet outil de production, les équipes de la RTBF vont travailler : les équipes artistiques, les équipes culturelles, les équipes de productions, les équipes techniques. Nous avons acheté un format avec un producteur qui s'appelle Endemol et Talpa mais l'ensemble des équipes va travailler autour de ce projet".
http://www.rtbf.be/info/medias/detail_the-voice-une-nouvelle-emission-de-divertissement-bousculant-pour-la-rtbf?id=6389033

Personne, à ma connaissance, n'avait compris que la RTBF allait embaucher, pour la circonstance, des gens de chez Endemol...

Ce qu'on a bien compris, en revanche, c'est que ce format (de là, le substantif formatage) est fort peu propice à l'application du contrat de gestion, plus précisément de l'Article 48.

Article 48 - Créativité :
La RTBF veille par des mécanismes internes à soutenir la créativité culturelle et artistique et l'innovation technologique de son personnel.
http://www.fadilalaanan.net/downloads/pdf/ContratdeGestionRTBF2007_2011.pdf


On le voit, tout est lié... et ce qui s'apprente à un saut du coq à l'âne ramène finalement, encore et toujours, au service public et à ses missions.

Vaste débat pour l'instant confisqué au citoyen.
"Soyons curieux"  et voyons ce qui se cache derrière cette remise en question...

Mais ce sera probablement pour la fin du mois d'août.
D'ici là, tant d'eau peut couler sous les ponts, tandis que, tout en restant vigilant, chacun savoure ses vacances...

Je souhaite que les vôtres soient excellentes !

Cordialement,

Isabelle Marchal


Copies envoyées à :
Jean-Paul Philippot : jg@rtbf.be
Jean-Pierre Hautier : lpdirection@rtbf.be
Francis Goffin : dgradio@rtbf.be
Francois Tron : dirtv@rtbf.be
Source : Qui est qui à la RTBF ?
Cabinet de la Ministre de tutelle Fadila Laanan : info.laanan@cfwb.be
Jean-François Lauwens (adresse supposée correcte) : jean-francois.lauwens@lesoir.be
 

mardi 28 juin 2011

Un grand NON à l’émission « The Voice » à la RTBF - Un grand OUI au Service public !



La pétition
A l'attention de : Jean-Paul Philippot, Administrateur général de la RTBF et son Conseil d'Administration, ainsi que la Ministre Fadila Laanan




[Avant de signer cette pétition, prenez bien connaissance de l'ensemble du texte ci-dessous et n'hésitez pas à poster des commentaires si vous souhaitez appuyer ou nuancer l'un ou l'autre de ses points. Cette pétition s'attache notamment au fait que The Voice est une émission formatée et importée ne permettant pas aux professionnels de la RTBF d'exprimer leur créativité, leur originalité, leur potentiel. Elle ne constitue cependant pas une fin en soi : créée par quelques téléspectateurs et citoyens attentifs et conscients du rôle des médias dans notre société, elle propose une réflexion plus large sur le service public. Il ne tient qu'à vous que cette réflexion devienne également la vôtre.]

Un grand NON à l’émission « The Voice » à la RTBF - Un grand OUI au Service public !

Nous avons appris le projet de la RTBF d’acheter à la firme Endemol le format de son émission «The Voice». Nous constatons, et le fait n'est pas neuf, que cette annonce intervient à la veille des vacances, tablant sans aucun doute sur la baisse d'attention du citoyen ainsi que sur sa faible capacité de mobilisation en cette période pour le placer devant le fait accompli à son retour de congés. Cette stratégie n'honore pas ceux qui la pratiquent, encore moins quand il s'agit d'une stratégie à répétion... (voir tout récemment le Jeu des Dictionnaires et la tranche 16h-19h de la Première "pas encore fixée")

Fadila Laanan, Ministre de tutelle de la RTBF défend son projet en ces termes :

« La ministre a rappelé l’autonomie dont dispose la RTBF, ainsi que la présence des divertissements dans ses missions de service public. Parlant de « grand divertissement familial dont les valeurs semblent a priori saines ».
Nous espérons que l'examen du dossier a dépassé le stade du simple "a priori".

Nous déplorons qu'il soit fait appel aux « missions de divertissement » du service public pour justifier l'achat de ce programme "clé sur porte" à une société privée. Ce type d’émission est, du reste, à rapprocher plutôt de la télé-réalité que du divertissement et le Contrat de gestion de la RTBF ne prévoit aucune mission en ce sens.

Nous tenons à rappeler à la RTBF qu’elle s’est déjà fait épingler par le CSA pour avoir classé son émission «C’est du belge» (le « magazine de l’excellence » qui nous parle de la famille royale) dans ses missions «d’éducation permanente»… Elle n’en est donc pas à son coup d’essai en matière de confusion des genres.

Constatant que la préoccupation essentielle de la RTBF est aujourd’hui de « faire de l’audience » pour attirer les annonceurs publicitaires, nous tenons à signaler à Madame la Ministre et à Jean-Paul Philippot, Administrateur délégué de la RTBF, le très net « essoufflement » constaté dans les audiences de TF1 pour ses émissions de télé-réalité. Tout passe, tout lasse, tout casse.

Nous leur rappelons également qu’en mars 2007, JF Lauwens, journaliste au Soir et spécialiste de la RTBF, s’exprimait ainsi dans une interview :
« Un cas récent, et qui est très révélateur, c’est RTL TVI qui a voulu lancer une version belge de la Star Academy. RTL a directement stoppé l’expérience après un an parce que le public comparait l’émission belge avec celle de TF1. C’est comme si RTL avait une Lada et TF1 une Ferrari…»

La RTBF n'est-elle pas sur le point d'acheter une vieille guimbarde au prix d'une Ferrari, fût-elle d'occasion ?

Nous ne doutons évidemment pas que l'émission The Voice fera l'objet de nombreuses interruptions publicitaires. Est-ce cela que Fadila Laanan appelle un « grand divertissement familial dont les valeurs semblent a priori saines » ?
« Il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation (...) de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. »
Ainsi s'exprimait Patrick Le Lay, ex-PDG de TF1. La chaîne annonce d'ailleurs le même programme pour début 2012... mais avec à coup sûr d'autres moyens que la RTBF. De quoi provoquer rapidement une "fuite des cerveaux disponibles" dès que TF1 entrera dans la danse...

« Les téléspectateurs ne reconnaissent plus la RTBF pour ce qu'elle devrait être: ce n'est plus une télévision culturelle, intelligente, dérangeante, drôle."

C’est le constat que faisait (déjà) Hugues Lepaige en février 2005 dans un numéro de la revue Politique intitulé « RTBF : L’être ou le néant »


Nous rappelons qu’un document appelé pompeusement la Charte de l’Identité et des Valeurs de la RTBF (sorte de « folder publicitaire » de la RTBF, sans aucune valeur juridique) commence par ces mots :

« Fidèle à sa mission de service public, la RTBF a comme objectif de s’adresser à toutes les audiences, à leur curiosité, à leur capacité d’étonnement et de rêve, à leur intelligence. Nous voulons répondre à leurs intérêts et à leurs besoins sociaux et culturels, refléter leurs émotions (…)
Ainsi, nous voulons marquer la différence.»


Dans le cas de l'émission The Voice, peut-on nous indiquer où est la différence ?

Il est vrai que le seul document qui engage réellement la RTBF est le Contrat de gestion et qu’il contient 14 fois la formule « dans la mesure du possible » et 7 fois « selon une (des) périodicité(s) décidée(s) par son Conseil d’Administration."
Autant dire que ça ne l’engage pas à grand-chose…


Ce contrat de gestion arrive à échéance fin 2012 et sera rediscuté à partir du mois d’octobre 2011. Il serait peut-être sain, voire naturel, d'associer les citoyens, actionnaires à 70% de la RTBF, à son processus d’élaboration afin que le détricotage du service public, entamé voici plusieurs années maintenant, ne se poursuive pas davantage et puisque, de toute évidence, les mandataires qui sont censés nous représenter dans ce dossier ne représentent plus qu'eux-mêmes et quelques intérêts de moins en moins publics et de plus en plus privés... à l'image de l'argent qui sort de notre poche à tous pour finir dans l'escarcelle de la société privée Endemol. Et on nous parlera ensuite de faire des économies !

En attendant, et concernant l’émission clé sur porte The Voice… C’est NON ! Faisons plutôt appel à nos talents, et il y en a : donnons-leur l'opportunité de pouvoir exprimer leur pleine mesure.

Et s'il devait s'avérer, dans les jours ou les semaines qui viennent, qu'il est déjà trop tard parce que vous auriez opté pour la politique déshonorante du (for)fait accompli, nous signalons à ceux qui le souhaitent qu'il serait encore temps d'écrire, comme ils en ont le droit, à mediationrtbf@rtbf.be (pas de lettre-type, ce serait considéré comme un spam).
Nous espérons que le service de médiation jouera son rôle, au lieu de se borner, pour toute réponse, à l'envoi d'une lettre-type (spam ?) où sont consignés les mots, les modèles de gestion et les choix déjà entérinés de la direction de la RTBF avec l'assentiment et l'appui de son pouvoir de tutelle.

Des actionnaires attentifs de la RTBF


Pétition

[NB pour les signataires de la pétition : à la rentrée, restez informés des suites de ce dossier et n'hésitez pas à relancer la pétition auprès de vos amis et à en parler avec eux dès que le sujet revient dans l'actualité. Soyons tenaces, y compris et surtout au moment où l'émission sera lancée, à grand renfort d'auto-promo (il se confirme que ce serait pour le mois de novembre). La RTBF espère que les gens vont se fatiguer, c'est donc le contraire qu'il faut faire : continuer de mettre la pression avec, en point de mire, un service public digne de ce nom, en partant des programmes les plus légers aux programmes les plus graves, mais portant tous la marque de la qualité et de la différence.] (Paraphe ajouté le 28/06/11)

mercredi 22 juin 2011

Télé - réalité et carrière artistique ??

La ministre de la Culture Fadila Laanan défend le projet de la RTBF d’acheter à la firme Endemol le format de son émission «The Voice»
Une adaptation ertébéenne de "The Voice" est en négociation et suivrait le canevas d’Endemol : quatre chanteurs confirmés seraient amenés à sélectionner et à former (en 17 semaines), 56 « talents » issus de la Communauté française.
Selon Madame Lanaan, qui parle de "grand divertissement familial dont les valeurs semblent a priori saines,l’apport d’une formation pour ceux qui souhaitent se lancer dans une carrière artistique n'est pas à négliger".Je me permets d'en douter ... Si téléréalité rimait avec culture artistique cela se saurait depuis longtemps ! En tout cas, téléréalité ne rime pas avec service public.
Tout bien réfléchi, téléréalité ne rime à rien ...
Pour plus d'infos voir l'article du Soir

Pétition :
Un grand NON à l’émission « The Voice » à la RTBF - Un grand OUI au Service public !

mardi 21 juin 2011

Courrier au service de médiation de la RTBF. Objet : Service public, Jeu des dictionnaires et Valeurs RTBF...


















(Copies envoyées à Jean-Paul Philippot, Jean-Pierre Hautier, Francis Goffin, Fadila Laanan et Jean-François Lauwens)

Les suites à ce courrier sont publiées ici sur le blog :
http://rtbf89.blogspot.com/2011/07/from-mediationrtbfrtbf.html

Bonjour,

Suite à l'annonce, la semaine dernière, de la suppression du Jeu des Dictionnaires à la rentrée de septembre, je voudrais vous faire part de ce qui suit.

Avant tout, et pour que nous soyons sûrs de bien nous comprendre, j'aimerais insister sur le fait c’est à la RTBF que je m’adresse en tant que service public financé à hauteur de 70% par l'argent des citoyens, qui en sont, par conséquent, les actionnaires majoritaires, et que la RTBF est supposée représenter.

J'ai donc appris la semaine dernière que la direction de la RTBF avait décidé de mettre fin aux émissions le Jeu des Dictionnaires et la Semaine infernale.
http://www.lesoir.be/culture/medias/2011-06-17/le-jeu-des-dictionnaires-c-est-fini-846160.php
Tout d'abord, permettez-moi de m'étonner d'apprendre ce type d'info par la presse écrite, sous la plume de Jean-François Lauwens, et non de la bouche d'un des directeurs de la RTBF, sur les antennes de notre radio publique.

"Les patrons de la RTBF-Radio et de La Première, Francis Goffin et Jean-Pierre Hautier, ont décidé de mettre un terme à une émission qui, depuis 1989, était devenue une véritable institution dans le paysage radio francophone.
(...)
L’information en soi est déjà un événement dans le petit monde la radio belge, généralement très calme. Mais la suite ne manque pas de sel non plus. Pour remplacer le vieillissant programme enregistré en rafale, La Première a jeté son dévolu sur un tandem qui officiera quotidiennement en direct. Il se compose d’Olivier Monssens, actuellement sur les antennes de Classic 21 et de Be TV, et de duBus."

On le voit, Jean-François Lauwens est visiblement bien informé de ce qui se trame en interne à la RTBF.

A l'étonnement de trouver tant de détails dans l'article succède l'indignation en apprenant que les membres de l'équipe du JDD n'ont pas été informés préalablement de cette décision.

Bien sûr, j'entends d'ici les directeurs pousser les hauts cris : Comment ! Mais de quel droit et à quel titre cette auditrice ose-t-elle s'indigner ? Eh bien comme je vous le disais plus haut, parce que je contribue à 70% au salaire des directeurs en question et que d’éventer, en externe, une nouvelle qui concerne l’avenir professionnel de membres d’une entreprise n’est pas l’idée que je me fais de managers efficaces et scrupuleux.

Les explications de Francis Goffin, le lendemain au Grand Huit furent très peu convaincantes :
http://archives.lesoir.be/radio-francis-goffin-rtbf-s-explique-sur-la-fin_t-20110618-01FRL8.html?query=goffin+&firstHit=0&by=10&sort=datedesc&when=-1&queryor=goffin+&pos=2&all=2325&nav=1

« Je tiens à m’excuser auprès de l’équipe du Jeu des dictionnaires, glisse Francis Goffin. Il n’était pas prévu qu’elle apprenne la nouvelle par la presse.»

Pas prévu… Il « glisse »…

"Cela étant, il ne s’agit évidemment pas d’un désaveu. Mais rien n’est éternel, pas plus en radio qu’ailleurs."

En effet : le verbe « glisser » était fort à propos : Francis Goffin vient déjà de glisser vers autre chose.

J’étais moi-même à l’écoute du Grand Huit, ce samedi matin :

"Tout d'abord, je voudrais commencer par une bonne nouvelle : Le JDD a duré 22 ans et la Semaine infernale, 24 ans"..."

Pourriez-vous « glisser » aux responsables de la communication de la RTBF qu’il est inutile et hautement risible de vouloir tempérer une mauvaise nouvelle par l’annonce d’une platitude positive qui ne nous apprend rien ?
C’est une ficelle usée, archi-usée, totalement ringarde et qui ne dupe personne, ni dans le cas de la RTBF, ni en politique, ni dans l’annonce d’un plan de restructuration d’entreprise…
Cela ne marche plus ! Et encore, nous n’avions pas l’image ! Nous avons échappé au sourire Pepsodent qui accompagne généralement ce type d’exercice d’échauffement musculaire (je parle des muscles zygomatiques). Affligeant !

"Ensuite, je voudrais dire que les auditeurs de la Première sont des auditeurs exigeants…"
Deuxième message à vos communicateurs : la pommade, ça ne marche plus non plus.

« Pour ce qui est de la suite, nous ne sommes pas encore fixés »
L’étonnement, l’indignation… et maintenant l’inquiétude. Y a-t-il un pilote, dans l’avion ? Mais je me doute que c’est une feinte et que le plan est déjà tout tracé ! Sacrés communicateurs !

Pour venir en aide au patron de la radio (à la peine tout de même, le pauvre, pendant que Jean-Pierre Hautier et Jean-Paul Philippot profitaient de leur samedi) on va chercher un témoignage d’une auditrice mécontente : « Je ne pourrais pas vivre sans le Jeu des dictionnaires ! »
Naturellement, c’est tout ce qu’on a cru bon de répercuter à l’antenne : une phrase écrite par quelqu’un visiblement sous le coup de l’émotion et de la colère et qui fait passer les auditeurs pour une bande de groupies incapables de maîtriser leurs nerfs…
On se doute bien que cette dame ne va pas mettre fin à ses jours, si l’émission passe à la trappe !
Cette manie d’aller chercher les témoignages les moins pertinents !

Car au-delà du débat, que je trouve légitime, sur le maintien ou non d’une émission qui a duré 22 ans, c’est bien de service public qu’il s’agit. L’expérience a prouvé à maintes reprises qu’à chaque fois qu’une émission a disparu de l’antenne, en radio ou en télé, celle qui l’a remplacée faisait la part plus belle aux annonceurs par la succession de séquences de plus en plus courtes permettant le passage d’un plus grand nombre de publicités. Et c’est cela que la plupart des auditeurs redoutent aujourd’hui.

Procès d’intention ? Pas sûr…

Tout récemment encore, en télé cette fois, on a supprimé l’émission Au Quotidien (50 minutes d’un seul tenant), que personnellement je ne regardais pas vu qu’à cette heure-là, je ne regarde pas la télé, mais qui avait, de toute évidence, trouvé son style et un public familial et diversifié (200.000 téléspectateurs par jour en moyenne).

L’émission a été remplacée par On n’est pas des Pigeons, (125.000 téléspectateurs par jour environ) http://www.tuner.be/actu.asp?id=143953&content=home&key=audiences
Moi je veux bien…
Je ne la regarde pas plus que la précédente, mais tout de même, avec le battage médiatique qu’on a fait là autour, la curiosité m’a poussée à y jeter un coup d’œil. Sans faire de procès à l’émission elle-même et à la qualité de ses animateurs, je constate néanmoins qu’elle est constituée de séquences d’une douzaine de minutes, entrecoupées de publicités : pas besoin d’aller plus loin, on a compris les raisons qui ont motivé le passage d’une émission à l’autre. C’est d’autant plus aberrant que le principe de l’émission prétend nous préserver des méfaits de la publicité… Allez comprendre !

Et c’est comme ça depuis plusieurs années, maintenant. On assiste à une dégradation du « service public » au profit des logiques dictées par les annonceurs. Et toujours en jurant la main sur le cœur que ce n’est pas le cas… ou qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter pour l’avenir.

On a eu droit au couplet « Jamais vous verrez de coupures publicitaires dans les films, à la RTBF ». On voit ce qu’il en est aujourd’hui ! Pas de votre faute, c’est « la crise ». Ah ! La crise…
Il est vrai qu’on se souvient avoir entendu la Ministre Fadila Laanan tacler un auditeur de Matin Première, en février 2008, un des ces impertinents qui se plaignait que la publicité devenait de plus en plus envahissante : « Refuser la publicité en radio/télé, c’est un truc de bobos ». Eh bien…

A toutes fins utiles, je signale que les chaînes nationales espagnoles ont supprimé toute publicité sur leurs antennes au 1er janvier 2010, ce qui a eu pour effet de faire remonter les audiences. Je n’ai pas les détails de la compensation financière pour combler le manque à gagner, mais je compte bien m’en informer : il y a peut-être des idées à creuser pour Madame la Ministre et son cabinet. Peut-être même, une idée de vidéo didactique et ludique, comme son équipe en a le secret.

Personnellement je reste très songeuse, lorsqu’on nous explique (pour nous faire peur) que la fin de la publicité, cela signifierait l’obligation d’augmenter la redevance annuelle. A ces mots, le citoyen frémit ! Mon argent ! Assez de taxes ! Laissez-nous nos publicités !
Encore récemment, une étude signée Deloitte Consultancy était étalée un peu partout dans les journaux, dans la rubrique « économie », histoire de bien enfoncer le clou.

Oui, mais… Il se trouve qu’une association française (Résistance à l’agression publicitaire) a commis il y a un an ou deux, une petite étude toute simple consistant à évaluer, en se basant sur les données des rapports annuels de société, ce que la publicité coûtait (en charges) à ces sociétés et qui, forcément, intervenait dans le calcul du prix de vente d’un produit.
http://antipub.org/spip.php?article96
On arrive ainsi à la coquette somme de 527€ par an et par personnes. Soit, pour une famille avec deux enfants, un budget annuel de plus de 2.000€. Je vous avoue que, personnellement, je préfèrerais que les sociétés fassent moins de pubs et baissent les prix de vente de leurs produits. Je paierais alors volontiers les quelques dizaines d’euros nécessaires pour combler le manque à gagner de la RTBF et être à tout jamais débarrassée des publicités à l’écran ou en radio !

On a eu droit aussi au couplet : « Jamais vous ne verrez d’émission de télé-réalité type Star Academy sur les antennes de la RTBF… On nous annonce à présent que la RTBF veut acheter l’émission The Voice à la société Endemol. Je vous signale tout de même que les émissions de télé-réalité sont en perte de vitesse et qu’en matière d’innovation on a déjà vu mieux qu’un concept qui commence à sentir le rance !

Et les exemples de ce type d’égarement du public sur les terrains de chasse du privé sont légions… les auditeurs et téléspectateurs ne sont pas dupes, allons !

Il suffit de lire les commentaires de la pétition pour s’apercevoir que cette notion de « service public », qui semble si difficile à cerner autant qu’à atteindre par nos top-managers, s’impose comme une évidence aux auditeurs : http://10065.lapetition.be/

Le monde est mal fait, tout de même ! Et ces auditeurs s’aperçoivent de la tendance de plus en plus claire de la RTBF à s’aligner, oh bien sûr, elle s’en défend, sur la concurrence au nom de l’audimat et de la rentabilité.

Non seulement, ses directeurs s’en défendent, mais lorsque, par miracle ou par chance, la critique arrive jusqu’à leurs oreilles, ce jugement, qui les étonne toujours, est aussitôt qualifié de « hâtif » de « procès d’intention » ou encore, de « tarte à la crème »…

Permettez-moi faire référence à la revue Politique, parue en Février 2005 : [ http://politique.eu.org/spip.php?article159 ]
C’est un numéro consacré pour l'essentiel à la RTBF et intitulé :
RTBF, l'Etre ou le néant
L'un des chapitres s'intitule : Programmation, la tentation du mimétisme.
Il est signé par Frédéric Antoine, professeur à l'Ecole de journalisme de Louvain (EJL) et membre de l'Observatoire du récit médiatique (ORM).

En voici un extrait :
"Alors que l'on eut pu croire que l'opérateur public aurait tenté de se distinguer de ce qu'il faut bien considérer comme ses compétiteurs, force est de constater que ce n'est pas une stratégie d'altérisation qui semble s'être imposée, mais celle d'une volonté de combattre les acteurs privés en recourant aux mêmes armes qu'eux, ou à tout le moins, aux même types d'armes."

Voici un autre extrait, sous la plume cette fois d'Hugues Le Paige, dans le chapitre Entre offre et demande : le grand écart :

"Un double langage
Officiellement, les dirigeants de la RTBF continuent à tenir les discours traditionnels des défenseurs du service public. Une sorte de schizophrénie s'est installée boulevard Reyers (...) Plus on affirme son identité, plus, en même temps, on glisse de fait vers un modèle inspiré des télévisions privées.


(...) Les téléspectateurs ne reconnaissent plus la RTBF pour ce qu'elle devrait être: ce n'est plus une télévision culturelle, intelligente, dérangeante, drôle."

Ce que j’ai pu lire ou entendre concernant ce qui nous attend pour remplacer le Jeu des dictionnaires ne fait, évidemment, que confirmer ces analyses de professionnels des médias.
Et ce serait un beau mot de la fin s’il n’y avait ce nouvel article de Jean-François Lauwens, paru dans le Soir du samedi 18/06/11.

Tout à la fin de l’article, je lis :

« Ceci s’inscrit dans notre volonté de rénover cette chaîne, ce qui a été fait avec succès avec Matin Première ou Le forum de midi. Le drive-time (NDLR : la fin de journée, 16 h - 19 h) sera notre grand chantier de la rentrée de septembre. Mais que nos auditeurs se rassurent : même sans Le jeu des dictionnaires, l’impertinence restera un axe primordial de La Première. »

http://archives.lesoir.be/radio-francis-goffin-rtbf-s-explique-sur-la-fin_t-20110618-01FRL8.html?query=impertinente&firstHit=0&by=10&sort=datedesc&when=-1&queryor=impertinente&pos=0&all=289&nav=1


Compte tenu de tout ce que j’ai expliqué précédemment, on comprendra que je ne suis pas du tout rassurée. Et que la tranche 16h -19h ne concerne pas uniquement le Jeu des dictionnaires…

Des projets innovants pour le 90 Minutes ? ? Vous les gardez au chaud pour la rentrée, histoire de faire une surprise à l’équipe ? Un concept mêlant infos et divertissements ? Cinq minutes de pubs, deux minutes d’infos, trois minutes d’humour ?

Je me souviens de l’émission Intermédias, au sujet du changement de la tranche infos télé, à grand renfort d’auto-promo. De nombreux courriers arrivés à ce sujet demandaient, nous disait-on, davantage d’analyse et moins de faits divers…
Le 90 Minutes nous offre cette approche de l’actualité et ce, de façon professionnelle, rigoureuse et dans le respect des auditeurs.

Le coup de poker menteur part-il de l’idée que, d’ici au mois de septembre, le soufflé du Jeu de Dictionnaires sera retombé et que les auditeurs, gorgés de soleil n’auront ni l’envie ni l’énergie de se mobiliser à nouveau pour une tranche d’infos ? Et puis, qui va se bouger pour défendre un journal parlé, je vous le demande…

Encore un procès d’intention ?

Peut-être… Mais il est vrai que je n’ai plus confiance dans vos paroles lénifiantes. Et qu’à lire les commentaires suscités ici et là par la suppression du Jeu des dictionnaires, je ne crois pas exagéré d’affirmer ne pas être la seule dans ce cas.

En tant qu’auditrice et téléspectatrice, je ne trouve plus mon compte et ne me retrouve plus dans cette RTBF, alors que les missions reprises dans son contrat de gestion stipulent qu’elle devrait être à l’image des citoyens qui composent la Communauté française. Il est vrai que le contrat de gestion contient quatorze fois ( !) la formule « dans la mesure du possible » alors, forcément, cela n’engage pas à grand-chose…

Je terminerai (enfin ! mais il y aurait encore beaucoup à dire) en disant que, si ma déception à l’égard du service public est grande, elle est également à la hauteur de l’attachement que j’ai pour ce qu’il devrait être. Mais je ne suis qu’une auditrice… et je n’ose imaginer, dès lors, ce que ce doit être pour ceux qui travaillent dans une telle ambiance et sous des statuts souvent précaires…

Il y a là plus qu’il n’en faut pour briser des enthousiasmes et museler des paroles qui devraient pourtant être libres et partagées par tous.

Je pense aujourd’hui très fort à tous ces artisans!

Isabelle Marchal
Actionnaire de la RTBF

La Charte de l'identité et des valeurs de la RTBF
« Fidèle à sa mission de service public , la RTBF a comme objectif
de s’adresser à toutes les audiences, à leur curiosité, à leur capacité
d’étonnement et de rêve, à leur intelligence. Nous voulons répondre
à leurs intérêts et à leurs besoins sociaux et culturels, refléter leurs
émotions. »


Franck Lepage : la langue de bois décryptée avec humour


Envoyé à : mediationrtbf@rtbf.be
Publié sur le blog RTBF89 : http://rtbf89.blogspot.com/
Partagé sur le mur du groupe Facebook RTBF89 : https://www.facebook.com/groups/rtbf89
Partagé sur le mur du groupe Facebook : Non à la fin du Jeu des dictionnaires : http://www.facebook.com/pages/Non-%C3%A0-la-la-fin-du-jeu-des-dictionnaires-sur-la-Premi%C3%A8re/212988085406244

Copies envoyées à :
Jean-Paul Philippot : jg@rtbf.be
Jean-Pierre Hautier : lpdirection@rtbf.be
Francis Goffin : dgradio@rtbf.be
Source : Qui est qui à la RTBF ?
Cabinet de la Ministre de tutelle Fadila Laanan : info.laanan@cfwb.be
Jean-François Lauwens (adresse supposée correcte) : jean-francois.lauwens@lesoir.be

lundi 20 juin 2011

Comment sont calculés les taux d'écoute de la radio ?

Publié sur le mur du groupe Facebook Non à la fin du Jeu des Dictionnaires où de nombreux auditeurs se posent la question.

Comment sont calculés les taux d'écoute de la radio ?


Voyons ce que nous dit le site du CIM (Centre d'Information sur les Médias) à ce sujet :


"Au CIM les mois de Février et Juillet sont les mois préférés des émetteurs radio. Deux fois par an, le CIM publie les chiffres d'écoute des radios en Belgique. Dans chacune de ces deux vagues, ± 8.500 répondants sont invités à remplir un carnet d'écoute pendant 7 jours. Ils indiquent par quart d'heure quelles radios ils ont écoutées.
Le recrutement des répondants est effectué par le biais d’une enquête face-à-face au domicile, sur base d’un tirage aléatoire d’individus ayant 12 ans ou plus."


Dans le détail de la méthodologie utilisée, on apprend qu'il est demandé à l'auditeur de signaler (par 1/4 d'heures) les plages horaires qu'il a écoutées "plus de 10 minutes sur le 1/4h en question)...


Cela peut sembler fiable à première vue, mais cela s'avère bien souvent totalement pervers dans la réalité : Prenons un chroniqueur (Thomas Gunzig ou Bert Cruysmans, par exemple) qui intervient dans le cours d'une émission, et dont la chronique est précédée ET suivie d'une page de pubs de plusieurs minutes...
Si les pubs vous exaspèrent (et nous sommes nombreux dans ce cas) vous allez baisser le son pour le remettre approximativement un peu avant le début de la chronique. Une fois terminée, vous baisserez à nouveau le son.


Si on vous demande de répondre à la question : Avez-vous écouté au moins 10 minutes de la tranche horaire où intervient ce chroniqueur, que répondrez-vous ? Non, bien sûr ! Et sans doute penserez-vous même pénaliser les publicités en répondant un "non" cinglant... alors qu'en réalité, c'est le chroniqueur qui sera tenu pour responsable de l'"essouflement" constaté durant "son" 1/4 d'heure...

Ajoutons enfin, pour être complets, que tous ces savants calculs se font sur la base... de petits carnets distribués à 100 personnes et complétés, par quart d'heure, à la main. Les calculs définitifs sont effectués sur les carnets réellement renvoyés au CIM. Certains mois, à peine 30 personnes se donnent la peine de faire tout ce travail, et c'est donc sur la base de ces 30 personnes que sont "extrapolées" les résultats d'audiences de la radio.
Autant le savoir...


Et les podcasts ?


Aucun podcast n'est pris en compte pour le calcul d'audiences... et pour cause : le CIM est composé exclusivement de sociétés commerciales ou d'annonceurs publicitaires uniquement intéressés par les "scores" des émissions aux heures où ils envisagent de placer leur spot...


La composition de conseil d'administration du CIM
A noter que Jean-Paul Philppot est Président du conseil d'administration (non rémunéré) de la RMB (Régie Média Belge), représentée au CA du CIM  L'objectif de la RMB est "d'être leader dans l'exploitation des produits médias et dont la mission est d'être créateur de solutions médias/marketing pour les annonceurs publicitaires)

Le détail des mandat de JP Philippot





samedi 14 mai 2011

Les principaux sujets abordés par RTBF89


Pour mémoire et dans les grandes lignes, mais aussi afin de poursuivre la réflexion et le débat, voici les thèmes principaux qui ont été abordés jusqu'ici, essentiellement sur le groupe Facebook RTBF89


  • Publicité :
    - Hyper-présence de la publicité
    - Volume sonore
    - Influence de la publicité sur les choix de programmes; l'heure de programmation, la recherche de l'audimat...
    - Incitation à consommer : contradiction avec les messages de protection de l'environnement ; frustrations vis-à-vis d’un modèle social inaccessible pour majorité de spectateurs
    - Illusion de la pub qui coûte moins cher au citoyen qu’une redevance télé (selon une étude réalisée en France en 2005, la pub coûte 500€/an et par personne!)
    - Alternatives au co-financement de la RTBF par la publicité : voir par exemple le site de Respire asbl (VAP : Vigilance Action Publicité)


  • Médiation :
    Absence, disparition de véritables émissions de médiation aux heures de grande écoute. Les seules qui subsistent le sont en journée et sans interventions directes des auditeurs/téléspectateurs dont les messages sont lus, sinon résumés, ce qui les rend parfois peu crédibles, voire caricaturaux. L'insuffisance de ces émissions a d'ailleurs été relevée par le CSA.

    Visibilité des plaintes (ou des félicitations) inexistante : l'auditeur/téléspectateur n'a aucun repère : est-il le seul à réagir sur tel ou tel fait ? Les réponses "circonstanciées" sont souvent évasives et décourageantes.Le contrat de gestion prévoit que le service de médiation n'est pas obligé de répondre aux courrier "à caractère polémique"... Une plainte qui dérange n'est-elle pas polémique ? N'y a-t-il pas un danger de voir qualifier de "polémiques" les questions qui dérangent ?...
    - Classification des émissions : C’est du Belge = éducation permanente !
    - Qui détermine ces classifications ?
    - Visibilité : classifications discutables ? Par qui ? CSA

  • Audimat :
    - Course à l’audimat : les effets pervers
    - Audimat – Qualimat : à quand un « qualimat qui mesure le taux de satisfaction de l’auditeur/téléspectateur sur le programme proposé
    - Fiabilité des mesures de l’audimat ? Qui accepte de posséder un boîtier ? Sentiment d’intrusion dans la vie privée que toute personne n’est pas disposée à accepter : cela ne fausse-t-il pas les données de l’audimétrie ?

  • Infos :
    - Trop de faits divers
    - Pas assez d'analyse
    - Nouvelle offre (depuis le 21 mars) : y a-t-il eu un changement visible (outre le décor) ?
    - Différence entre infos Service public et télés privées de moins en moins évidente
    - Auto-promos en fin de journal sur le programme de la soirée : le métier de journaliste s'apparente de plus en plus à celui de speakerin(e)...
    - Les "marronniers"... le poids du cartable de l'écolier en septembre, le prix de huîtres à Noël, etc...

  • Contrat de Gestion
    Pas assez précis ! Trop de zones sont laissées à la discrétion de la RTBF ou de son CA.
    14 X « dans la mesure du possible » dans un texte de 45 pages.
    7 X « selon une périodicité décidée par le CA »
    A terme, il devient de plus en plus évident que la négociation du prochain contrat de gestion deviendra l'objectif numero 1 de RTBF89.

  • CSA : Baromètre représentativité :
    - catégories socio-professionnelles moyennes ou faibles, sous-représentées et image peu valorisante des catégories les plus faibles
    - catégories socio-professionnelles supérieures sur-représentées (46% !)
    - Place des handicapés hors actions de bienfaisance : 0,33% !
    - Place des femmes à des postes clés, largement minoritaire

  • Site web
    infos sur les émissions & programmes: résumé, nom des invités, durée, date de réalisation, date de 1° diffusion, réalisateur, journaliste, producteur, ... dates de rediffusion
    programmes TV & Radio, pages des émissions : lier podcasts directement,
    améliorer pour un site "user-friendly", une navigation transversaleunité de menu, ergonomie (accès aux handicapés & malvoyants)
    - une adresse unique pour le live-center
    - podcasts: organisation, identification, disponibilité (durée)
N'hésitez pas à réagir sous cet article, commentaires, sujets qui mériteraient selon vous d'être abordés, etc. Si vous êtes sur Facebook, vous trouverez aussi ce même texte dans les documents du Groupe RTBF89

Adresses et liens utiles :
Contrat de gestion 2006-2012

RTBF - Médiation :

mediation@rtbf.be
mediationrtbf@rtbf.be
mediationweb@rtbf.be

Who's who? à la RTBF
CSA (Conseil Supérieur de l'Audiovisuel)

jeudi 28 avril 2011

29 avril 2011 : Journée planétaire de l'Education permanente...

L'Education permanente vise "l'analyse critique de la société, la stimulation d' initiatives démocratiques et collectives, le développement de la citoyenneté active et l'exercice des droits sociaux, culturels, environnementaux, et économiques dans une perspective d'émancipation individuelle et collective des publics en privilégiant la participation active des publics visés et l'expression culturelle".



Forte de ce Décret, c'est tout naturellement que la RTBF, ayant à coeur de respecter ses missions de service public et les quotas qui y sont liés, n'a pas hésité une seconde à classer dans la catégorie "Education permanente" l'émission "C'est du belge", dont on rappellera le propos tel qu'on peut le lire sur le site de la RTBF :


«De la noblesse de sang à la noblesse de coeur, de la fierté nationale au rayonnement international, de la monarchie aux nouveaux anoblis, d’institutions en patrimoine, de commémorations en événements mondains, de surprises en émotions, de rêves en évasions, C’est du Belge, c’est unique. C’est du Belge, le magazine de l’excellence belge.
Avec comme point d’ancrage un événement lié à l’actualité des membres de la famille royale belge considérés comme les meilleurs ambassadeurs de la culture et du savoir-faire de la Belgique


On le voit : l'analyse critique, le développement de la citoyenneté active, la perspective d'émancipation individuelle et collective sautent immédiatement aux yeux ! Demain, nous sommes d'ailleurs chaleureusement conviés à une Grand Messe de l'Education permanente à l'échelle planétaire !
Vous savez qui et qui... se diront vous savez quoi... ♥♥♥
L'événement - dont on nous rebat les oreilles depuis "un certain temps" maintenant - n'est pas sitôt commencé qu'on a déjà les résultats de l'audimat : 2 milliards d'individus développeront demain leur esprit critique dans une perspective d'émancipation individuelle et collective.

Et dire qu'il va encore se trouver des esprits chagrins pour critiquer cette image d'un bonheur simple et attendrissant... Les gens ne sont décidément jamais contents !

Je vous laisse, je vais repasser ma robe (après mûre réflexion, j'ai choisi la verte) et vernir mes souliers à talons hauts. C'est que, demain, je tiens absolument à être à la hauteur de l'événement !

Au fait...
Je me suis trompée dans mon titre : Ce 29 avril, c'est la Journée planétaire sans télé !

samedi 16 avril 2011

RTBF : L'être ou le néant (Février 2005)




Voici un article de la Libre Belgique datant de Février 2005, mais toujours tellement actuel !


Dilemme «Politique» pour la RTBF
Pierre-François Lovens Mis en ligne le 10/02/2005



Acteurs, professeurs ou observateurs: ils sont une dizaine à épingler les mauvais choix de la RTBF. Dans un dossier sans langue de bois, qui tombe à pic, la revue «Politique» dresse un état des lieux interpellant. Mais tout reste possible...

L'être ou le néant. Etre soi-même ou disparaître. Dès les premières lignes, le ton est donné. En une trentaine de pages, la revue «Politique» consacre un vaste dossier collectif à la RTBF, dont «La Libre» a pu prendre connaissance. Un dossier sous forme de réquisitoire mais aussi, comme on le lira en pages «Débats», un plaidoyer pour une radio-télévision publique osant jouer la carte de la différence.

Alors que la RTBF traverse depuis deux semaines une crise identitaire, marquée par des grèves à répétition, la nouvelle livraison de «Politique» tombe à point nommé pour alimenter un indispensable débat - fort timide jusqu'ici - sur la raison d'être d'une institution culturelle incontournable en Communauté française.

La teneur des contributions et la personnalité des auteurs ne manqueront pas d'irriter la direction de la RTBF tant le diagnostic apparaît critique. Mais l'ambition est bien de susciter le débat, au sein de la RTBF comme à l'extérieur.

Politique de l'étourneau

Être soi-même ou disparaître, résume d'emblée Hugues Le Paige (ex-RTBF). «L'imitation ou la différence? C'est l'enjeu des prochains mois». Se référant au «qualimat» réalisé récemment par la RTBF (et dont la direction garde les résultats secrets), Hugues Le Paige note que «les téléspectateurs ne reconnaissent plus la RTBF pour ce qu'elle devrait être: ce n'est plus une télévision culturelle, intelligente, dérangeante, drôle». La une, en particulier, n'est plus identifiée comme la chaîne publique de référence. Et l'auteur de conclure: «Aujourd'hui, la RTBF présente encore des différences mais elle ne fait plus la différence».

Jean-François Bastin (ex-RTBF) poursuit le constat en dénonçant, dans le contexte du plan de restructuration «Magellan», l'absence d'un projet de télévision de service public pour le grand public. «Tous les efforts de renouveau se sont centrés sur les moyens, les formes, les apparences, rien sur les objectifs. Tout sur le comment, rien sur le pourquoi». Il compare la stratégie de la hiérarchie, mise en place à partir de 2002 avec l'arrivée de Jean-Paul Philippot, à une «politique de l'étourneau, cette course affolée, sans queue ni tête, vers tout ce qui bouge et se dérobe».

S'il reconnaît certaines vertus au plan Magellan, Jean-Jacques Jespers, (jeune) retraité lui aussi de Reyers, craint que ledit plan ne fasse disparaître un certain esprit de service public (au profit du divertissement et du cocooning) et ne se transforme en «dérapage incontrôlé» sans la mise en place de garde-fous. M.Jespers constate qu'avec Magellan, les missions socioculturelles de l'entreprise publique sont affichées comme des contraintes, «handicapantes comme le seraient les normes environnementales pour une industrie polluante» ! Le risque majeur de cette mutation copernicienne, conclut l'ex-journaliste, est que le citoyen reconnaisse de moins en moins «son» service public, à l'image déjà écornée, et se pose la question de sa spécificité, donc de la nécessité de le financer avec des fonds publics.

Maux divers

D'autres contributions abordent des questions plus spécifiques au fonctionnement interne de la RTBF, comme «l'éternelle politisation» (par Jean-François Dumont), la précarité croissante des journalistes (Marc Molitor), la mise sous tutelle des administrateurs (Jacques Liesenborghs) ou encore les effets à retardement du plan Magellan sur l'offre de la RTBF (André Menu). Dur, dur...

Télécharger le dossier de 36 pages :partage pdf: RTBF L'Etre ou le Néant - Revue Politique n°38 - Fév 2005.pdf

mercredi 16 mars 2011

Média TIC ... un peu de recul criTIC?

Média TIC sur la première ce 16/03 : Alain Gerlache décrit l'évolution du paysage médiatique aux USA. Les jeunes, voire les très jeunes, passent moins de temps devant la télé mais passent toutefois environ 11 heures par jour devant différents écrans. La "tendance" est la combination de GSM, internet, réseaux sociaux et télé-réalité ; c'est le cocktail qui "marche" le mieux et les annonceurs l'ont bien compris. Ces infos viennent, nous dit-il, non pas d'un institut de sondage mais d'un centre d'étude des médias (factuel ou critique ?). En tout cas, nous ne percevons aucun recul critique de la part de M. Gerlache ...

Pourtant, il y a quelques questions à poser : et l'info de qualité dans tout ça ? et la culture ? et la réflexion ? et la vraie vie ? et la santé mentale ? et l'obésité ?

Par contre, un grand coup de chapeau matinal à Thomas Gunzig ce 16/03. Il nous jette en pleine figure les énormes contradictions véhiculées par les médias : le malheur indescriptible des Japonais très vite zappé pour nous rassurer : les conséquences économiques ne devraient pas être trop graves. OUF ... tout va bien alors !
Voir Trends Tendances
Aucune réaction de la part du patron de Matin première.

lundi 14 mars 2011

Passage express de l'existentiel au futile ...

14/03 à 07h55 : Infos essentielles à propos du Japon, questions existencielles quant au nucléaire ... Est-il pensable de couper la parole à l'expert ? Pas vraiment. Et pourtant c'est bien ce que le journaliste de "Matin première" est obligé de faire car en arrière-plan on entend déjà le jingle de la pub et on sent la pression..."Pas le temps, on y reviendra plus tard"
Nous passons donc sans transition à un message de pub consumériste et abétissant comme d'habitude ... "Tout va très bien madame la marquise"
Mesdames et messieurs les journalistes, ne débranchez pas vos écouteurs à l'heure de la pub ... il faut que vous entendiez aussi ce contraste qui banalise et décrédibilise les infos que vous nous donnez.

vendredi 11 mars 2011

AUDIMAT QUAND TU NOUS TIENS ....

Ce billet fait référence à un article de Vers l'Avenir La face cachée des audiences télé.

Comment ça marche ?



Médiamétrie : Le CIM (Centre d'Information sur les Médias) est garant des chiffres, mais c’est la société Audimétrie qui se charge de l’aspect technique de la mesure de l’audience.
750 ménages du sud du pays sont jugés représentatifs de la population francophone belge.C’est un petit boîtier relié à la télévision qui enregistre les programmes que ces téléspectateurs regardent.
C'est qui l' AUDIMAT ? Quelqu'un connaît-il / elle ? quelqu'un qui connaît quelqu'un qui dispose de ce fameux boîtier? Comment ces ménages sont-ils choisis??
Les membres du panel sont recrutés selon leur provenance géographique et leur profil socio-économique. Ils sont aussi soumis à un questionnaire très poussé sur leurs habitudes de consommation. Une façon de connaître parfaitement le profil des téléspectateurs et de cibler plus précisément les publicités.
Ne peut-on pas légitimement se demander si ces ménages ne sont pas choisis EN FONCTION DE leurs habitudes de consommation ??
Ces infos sont communiquées aux membres du CIM (dont la RTBF) qui cotisent et paient une somme considérable pour avoir ces infos. Vu le coût très important du calcul d'audience, les chiffres ne peuvent servir qu'à ceux qui financent ces études.
Il serait intéressant de savoir combien de milliers d'euros (fournis par les contribuables) sont consacrés (gaspillés) à collecter ces informations ?
Vers l' Avenir rappelle aussi que : "Ce sont les annonceurs qui les premiers se sont intéressés à la mesure de l'audience"
Ces chiffres sont-ils vraiment essentiels pour la RTBF et ses missions de service public ? Pas sûr ...
Le Journaliste de V.A. accepte un peu vite que :"L'audience est la seule mesure qui permet rendre objective la suppression d'une émission qui ne marche pas trop ou la reconduction d'un programme qui a cartonné"
C'est un "raccourci" que je ne partage pas. La médiamétrie (dont la fiabilité est toute relative) ne devrait pas être le critère principal pour les télés et radios de service public. Leur mission de SERVICE ne réclame-t-elle pas au contraire de viser la qualité et non la quantité ?

jeudi 10 mars 2011

I love fric ... bis


En radio et en télé, ce 10 mars, une "info" primordiale : les hommes (oui, sans doute des hommes) les plus riches de la planète ... mais QU'EST-CE QU'ON S'EN F... ! Ensuite, vient (bien plus tard) une info financière utile pour nous,le commun des mortels : la hausse des taux d'intérêt : ça, par contre, ça nous intéresse...
ça c'est du service public !
... mais on ne reste pas longtemps sur terre, on termine par les sommes indécentes concernant le transfert de Boussoufa à Grozny, et je laisse au Soir le soin de raconter la suite : Boussoufa s'en va
vers un club dont le président est le terrible Ramzam Kadyrov, un despote installé par le Kremlin pour garder la République tchétchène sous contrôle (...) Evidemment, imaginer que Boussoufa va gagner quelque 10 millions net en trois ou quatre ans en jouant au foot dans une ville où règne la plus grande pauvreté, la violence et l’instabilité sociale, c’est choquant. Mais c’est le monde tel qu’il va aujourd’hui, tout simplement.

« Indignez-vous », répondrait Stéphane Hessel dans un livre de 14 pages qui coûte 3 euros et qui nous appelle à un réveil citoyen. Dans le monde du football, on ne s’indigne pas. On compte ses sous. En silence. A Anderlecht ou à la Fifa.


... A la RTBF, c'est une INFO, sans plus ... INDIGNONS-NOUS !

mercredi 9 mars 2011

Des chiffres et des faits ...

La RTBF c'est (actuellement) 70% d'argent public et 30 % de recettes publicitaires.
La RTBF a reçu, en 2011, une dotation de 202.460.000 euros de la Communauté française, ce qui équivaut à 38,01% du budget total de la Culture.En 2010, suite à la crise, il a été convenu de faire un avenant au contrat de gestion, de le prolonger jusqu'en 2012 et de permettre à la RTBF d'augmenter le volume de publicités retransmises sur la chaîne (pour compenser la non augmentation de sa dotation...) ainsi que de permettre les publicités pour les médicaments de comptoir.

Que nous réserve le prochain contrat ?

mardi 8 mars 2011

Voilà comment on souhaite une bonne journée aux femmes à la RTBF


Aujourd’hui, 8 mars, c’est la Journée internationale de la Femme. A la RTBF, c’est sûr, on l’a bien compris. Ce matin sur La Première, une émission sur les femmes de dictateurs. Pourquoi une telle fascination pour ces femmes ? Qui n’ont peut-être rien à voir avec les actes de leurs maris. Oui, mais peut-être qu’elles leur ont inspirés certains méfaits. Peut-être qu’elles sont comme eux, voire pires. Ou peut-être pas. De toute façon, on ne le saura jamais. Alors, au lieu de faire des émissions qui parle dans le vide, pour du vide, je préférerais qu’on parle un peu plus du soutien de nos pays (dit civilisés) à ces dictatures. On a longtemps préféré s’appuyer sur l’autoritarisme pour arriver à nos fins, que ce soit lutter contre le terrorisme ou se faire un beau paquet de fric. Le bonheur de la « Realpolitik ».


Mais ce n’est pas tout, histoire de continuer à dresser de jolis portraits de femmes, ce soir sur la Une, vous pourrez regarder "Marie Besnard, l’empoisonneuse". Ou comment une femme aurait empoisonné son mari. Mais attention, ce que le titre ne vous dit pas c’est qu’elle sera acquittée (oh mince, voilà que je raconte la fin de l’histoire).



C’est la journée de la femme mais attention, elles restent dangereuses. Un syndrome « Eve » à la RTBF ?


Pourtant, des chaines qui font des choix plus judicieux, ça existe. Comme BeTV1, qui propose ce soir le film Agora, l’histoire d’une des pionnières du féminisme de l’Antiquité. Dommage que l’initiative vienne d’une chaine privée et payante. Je ne sais pas si l'audience compte pour la RTBF, mais en tout cas, moi, j’ai fais mon choix.

samedi 5 mars 2011

BBC : Ôte-toi de là, que le secteur privé s'y mette !



Ce vendredi 4 mars, Francis Goffin, Directeur général radio de la RTBF, répondait en direct à des questions d'auditeurs postées sur le site d' Intermédias.
C'est ainsi qu'on a pu découvrir un échange, en apparence anodin.





Question de Willi B. :
Pourquoi la RTBF continue la numérisation des radio, alors que la BBC précurseur dans cette technologie, fait marche arrière ?

Réponse de Francis Goffin :
« La BBC ne fait pas du tout marche arrière dans la radio numérique : si elle envisage de supprimer certaines chaînes full numériques (BBC 6 Music par ex), c'est dans le cadre d'une réduction de son financement public et aussi par volonté de diminuer sa surface médiatique qui est très forte (+55% de part de marché) pour permettre plus de place au secteur privé. »
Haro sur la BBC !

Trop d'audience... Shocking ! Confisquer ainsi 55% de part de marché qui ne demandent qu'à être libér(alis)és ! D'ailleurs, le gouvernement a mis de l'ordre dans tout cela, qui a décidé de réduire son financement public.
Moins de sous, ça leur apprendra à être écoutés... Ah mais !

Heureusement, en Communauté française, on a trouvé la parade. Quand on veut conjurer le diable, on l'invite à sa table. Ça crée des liens... On a d'abord accepté que 25% du financement de la RTBF proviennent du privé sous forme de recettes publicitaires. Puis on a voté un amendement pour passer de 25 à 30%.

Allons, encore un petit effort : après tout, il ne reste que 70% de « parts de marché » à libérer.

Partout, on observe que le service public fait l'objet, au nom de la compétitivité et de la rentabilté, de tirs croisés de plus en plus nourris, dans des domaines de plus en plus variés.

Il ne mouraient pas tous, mais tous étaient marqués...

Haro sur la BBC !

Manger l’herbe d’autrui ! quel crime abominable !
Rien que la mort n’était capable
D’expier son forfait : on le lui fit bien voir.

Une mort lente, bien sûr, pas si bêtes ! Une mort froide, clinique, planifée... et que seul un sursaut citoyen pourra peut-être empêcher.

Dis papa, c'est loin l'Angleterre ? Tais-toi et rame !
-------------------------------------------------------------------------------------
A lire, dans le Courrier International :
Le gouvernement déroule le tapis rouge à Murdoch.
Le gouvernement britannique a donné, le 3 mars, son feu vert au rachat à 100 % du bouquet satellitaire BSyB par News Corp., le groupe de Rupert Murdoch. Une attitude servile à l'égard du magnat, néfaste pour le bien public et dangereuse pour la démocratie, estime The Daily Telegraph.

jeudi 3 mars 2011

Rendez-nous service !

La télé et la radio regorgent déjà de pubs privilégiant l'avoir et non l'être et voici que "Questions à la Une" jette un gros coup de projecteur sur le fric qu'on peut se faire (relativement) facilement dans le grand banditisme. Après une telle démonstration, allez vanter les mérites de l'éducation, du respect des autres et de l'environnement, de la culture ... ça pèse pas très lourd, tout ça. Au contraire, le salaire mensuel de ces experts en fera fantasmer plus d'un. Des sommes affolantes qui vont enrichir des gens qui profitent de la dépendance à la drogue, des gens qui faute d'autres options sans doute se lancent avec succès dans la vente d'armes de gros calibre, n'hésitent pas à les tester en pleine nature au risque de "descendre" des promeneurs. On a aussi au passage appris un certain nombre de "trucs" pour ne pas se faire pincer et voler une voiture en 2 temps 3 mouvements...si ça c'est pas du service public ?
La semaine prochaine ... un sujet sur la criminalité en hausse ?

mercredi 2 mars 2011

Groupe RTBF89 sur Facebook !



Envie de nous rejoindre sur Facebook ?

En liaison avec le blog RTBf89, les auditeurs et spectateurs de la RTBf y trouveront un espace pour critiquer, encenser, discuter, proposer, échanger à propos de notre maison audiovisuelle de service public en Communauté Française de Belgique.

Cliquez ici ou sur l'image

samedi 26 février 2011

Comment la pub va tuer le capitalisme, Parole d'expert !




Dans l'émission Le Grand Huit, animée par Pascal Claude, George Warnet, professeur à l'ULB, signait ce samedi un excellent billet dans la rubrique « Parole d'expert » :


Comment la pub va tuer le capitalisme


Le capitalisme vise à faire fructifier un capital en le plaçant judicieusement. L’économie de marché l’instrumentalise dans le but d’accroître ce capital. Cette économie de marché présuppose un environnement où la concurrence est développée, la compétition devenant une "destruction créatrice" comme l’a proposé Joseph Schumpeter.

La publicité fait partie du processus de compétition. Pour Friedrich Hayek, autre économiste autrichien influent : "La publicité joue un rôle essentiel. Elle permet aux entrepreneurs de signaler aux consommateurs l’existence de nouveaux produits et de les informer des différences de prix et de qualité."
La publicité se veut donc un moyen d’information nécessaire au fonctionnement de la concurrence, car elle présuppose que le consommateur est un être rationnel. Mais cette approche théorique reste-t-elle d’application aujourd’hui ? N’est-il pas interpellant que beaucoup d’utilisateurs continuent à acheter des produits de Microsoft, alors que beaucoup d’entre eux savent que Linux est équivalent sinon supérieur à Windows, qu’il a l’avantage d’être un système ouvert et, mieux encore, gratuit ?

L’on peut trouver de nombreux autres exemples où la publicité impose un choix qui est loin d’être optimal, par un matraquage systématique d’une audience de plus en plus passive et de plus en plus nombreuse. Comme l’avait très bien dit Patrick Le Lay, patron de TF1 en 2004, "il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages" (1). Ceci a pour conséquence directe une course à l’audience pour l’audience et une valorisation de cette dernière de manière tout à fait excessive.

En effet, qui crée ou développe de l’audience devient une star, rémunérée dans des proportions, vis-à-vis de "Monsieur Tout-le-monde", inimaginables il y a encore un quart de siècle. Cette starification a envahi toute la société : du monde du spectacle à celui du sport et dans le business; un C.E.O. américain qui, en 1977, avait une rémunération qui équivalait à environ 50 fois celle d’un travailleur est passée 30 ans plus tard à un ratio de 1 100 !

Que le capitalisme repose sur des inégalités fait partie du jeu. Mais jusqu’où celui-ci peut-il continuer ? En d’autres termes, quel niveau d’inégalités est tolérable pour nos sociétés ? La publicité ne fait qu’encourager cette dérive. Va-t-on voir dans nos pays développés des réactions semblables à celles que nous vivons aujourd’hui dans le monde arabe ? Probablement pas demain, mais quand ?
Georges Wanet
Professeur à l’ULB
Nul n'a la réponse à cette question, mais ce qui est sûr, c'est qu'à ce rythme, la publicité tuera d'abord le service public...